Pour casser la chaîne de contamination : « Il faut vacciner 400.000 personnes par jour »

Il faut vacciner au moins 400 000 personnes par jour pour arriver à 50% d’immunité collective avant l’automne, Selon Pr Kamel Sanhadji, président de l’Agence Nationale de Veille sanitaire

La situation épidémiologique que nous vivons ces jours-ci est très difficiles pour deux raisons essentielles dont d’abord, la nature du variant Deltaet l’incapacité de notre système de santé à faire face à cette attaque d’envergure qui tire sa force justement de cette grande capacité à se propager très rapidement.

Pr Kamel Sanhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, qui dressait ce tableau hier sur la radio algérienne Chaîne 1 explique que « la difficulté réside également dans la nature des traitements médicaux induits par le variant Delta qui font que le malade contaminé a besoin de grandes quantités d’oxygène ». Aussi, les capacités des hôpitaux en la matière se sont retrouvées dépassées par le besoin démultiplié pour faire face à la situation étant donné, déplore-t-il, que ces structures n’ont pas encore atteint les standards internationaux.

Parmi les causes de la défaillance du système de santé dans la situation actuelle, Pr Sanhadja déplorera « le manque de coordination dans le travail entre les structures de santé dont dispose le pays ». Ce travail qui aurait pu permettre de faire « une étude scientifique des données afin de parvenir à une modélisation à même de nous donner toutes les indications et les orientations pour nous éviter de tomber dans des situations comme celle que nous vivons aujourd’hui à agir dans l’urgence ».

Aussi, explique Pr Kamel Sanhadji, « l’Agence nationale de sécuritésanitaire vient, par sa création, comme le maillon manquant de la chaine destiné à combler un vide dans la prospective et l’orientation par des données que les pouvoirs publics dont le président de la République pourront par la suite exploiter dans les prises de décisions ». « L’Agence a d’ailleurs présenté des rapports et des recommandations aux président de la République dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 notamment hors des structures sanitaires », ajoute-t-il tout en reconnaissant que les pouvoirs publics auraient dû se doter d’un stock stratégique en matière d’oxygène.

Par ailleurs, le directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire a assuré que « les experts de l’organisation sont actuellement en phase d’élaboration de solutions et de recommandations en vue de la prise en charge des malades en cette phase difficile ». Cependant, Pr Sanhadji a vivement critiqué les anciennes politiques sanitaires qui ont, selon lui, cassé le système qui avait, il n y a pas si longtemps, les moyens de fabriquer des vaccins. « Cette politique nous a hélas mis dans une situation où nous ne pouvions pas acquérir des vaccins même avec notre argent » ajoute-t-il. Cette « même situation, pour l’orateur, est constatée hélas dans le volet de la fabrication des médicaments » par le fait d’avoir abandonné la fabrication des produits chimiques entrants dans la fabrications des médicaments. L’orateur citera d’ailleurs l’exemple de la chloroquine fabriqué par Saïdal mais à base de produits chimiques importés de Chine. Ce pays, précise-t-il, a refusé de vendre ces produits après l’émergence de la pandémie du Covid 19. Aussi, afin d’éviter de vivre ces situation, Pr Sanhadji affirme qu' »il faut relocaliser toutes ces activités stratégiques pour pouvoir affronter prochainement les crises par nos propres moyens ».

Enfin, Pr Kamel Sanhadji évoquera la vaccination affirmant qu' »il faut accélérer d’avantage la cadence jusqu’à parvenir à la moyenne de vaccination d’au moins 400 000 personnes par jour pour qu’à l’automne nous aurons atteint une immunité collective de 50% ».

Akli Amor

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