La pandémie de l’automédication

Par Melissa Roumadi-Belferag

La troisième vague de contamination au coronavirus a eu des effets pervers. On le sait, toute pandémie induit des conséquences. Le plus vil est sans doute les mouvements de panique au sein des populations. On se souvient qu’au début de l’apparition des premiers cas de covid-19 en Algérie, en mars 2020, la peur a incité nos concitoyens à se ruer sur les marchés pour stocker des aliments de base. Cela a, bien entendu, profité aux spéculateurs, qui ont usé de désinformation, pour alimenter la peur et donc la demande et créer la tension qui leur a permis d’augmenter les prix de ces produits et se faire des marges bénéficiaires qui dépassent l’entendement.

Cette fois la désinformation et la panique ont eu des effets encore plus pervers. Car elles ont affecté le marché des médicaments et des équipements médicaux. Il ne s’agit pas là de renier le fait que la multiplication des cas de contaminations a induit une demande réelle sur l’oxygène et les médicaments utilisés pour le traitement du covid-19. Cependant, et en plus de la pandémie de coronavirus, nous devons aujourd’hui faire face à une pandémie plus grave : celle de l’automédication. En plus du fait que celle-ci découle, en partie, du manque de volonté de certains malades du coronavirus de ne point se présenter devant un médecin ou une structure sanitaire et de cacher leur contamination à leur environnement, l’automédication peut avoir des conséquences très graves à terme comme le développement de résistances aux différents traitements. Cette autre pandémie révèle aussi un autre problème, lié à la facilité qu’ont les Algériens d’obtenir des médicaments qui ne sont normalement délivrés que sur ordonnance. Une facilité qui leur permet de stocker des médicaments aussi aisément qu’ils peuvent stocker de la farine et de la semoule !

Un fait gravissime lorsqu’on sait que le marché du médicament est celui qui est soumis le plus à la réglementation et aux contrôles les plus stricts. Un contrôle qui reste rigoureux en amont. En aval, c’est toute une autre histoire. La situation actuelle impose une vérité : celle de la nécessité de revoir en profondeur le fonctionnement et le contrôle du marché du médicament.

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