Manchester City : Le paradoxe Riyad Mahrez

Le capitaine de l’Equipe nationale d’Algérie, Riyad Mahrez, est un peu moins à la fête en ce début de saison à Manchester City. 

Depuis le début de saison, Riyad Mahrez est l’un des perdants de la nouvelle rotation de Pep Guardiola à Manchester City. Jack Grealish a débarqué pour s’installer sur l’aile gauche des Citizens. Et pendant ce temps alors que Ferran Torres, Raheem Sterling ou Phil Foden se chargent du poste de « faux neuf », Gabriel Jesus a été repositionné sur l’aile droite. Au détriment pour le moment de Mahrez, qui doit se contenter d’un rôle de joker de luxe en Premier League jusqu’à présent avec une seule titularisation en six rencontres cette saison (Mais il a aligné d’entrée trois fois entre la C1, le Community Shield et la Cup, Ndlr).  A ses débuts à Manchester City en 2018 et pendant de longs mois, le capitaine des Fennecs avait déjà dû faire preuve de patience. Malgré les 68 millions investis par les Citizens pour l’arracher à Leicester et son talent indéniable, l’ancien de Quimper ou encore du Havre avait dû accepter le jeu de la concurrence, débutant le plus souvent sur le banc. Et s’il a su travailler pour étoffer son jeu et s’imprégner des principes de Pep Guardiola pour changer de statut, il ne l’a pas oublié. Lundi, le dribbleur s’est ainsi senti obligé de le rappeler subtilement quand on l’a interrogé sur l’adaptation de Jack Grealish. « « Il s’adapte à notre style de jeu. Le coach l’aide, tout comme l’équipe. Il joue dans beaucoup de matches ce qui facilite les choses. Ça avait été un peu différent pour moi. Je ne jouais pas dans toutes les rencontres », a-t-il glissé à la veille de retrouver le PSG, hier soir. Faut-il y voir un peu de frustration sur sa situation passée mais aussi actuelle ? C’est possible. Mais Mahrez sait aussi qu’il a désormais un passé à City. Et non des moindres. Lors du dernier exercice notamment, l’ancienne idole de Leicester a démontré sa capacité à être l’homme des grands matches pour City. « C’est un joueur extraordinaire. Un vrai talent. Notamment dans les grands matches, il est toujours prêt  », avait salué Pep Guardiola en mai dernier. Même s’il l’a actuellement relégué dans la hiérarchie ou qu’il l’a tancé aux yeux de tous contre Leipzig lors de la première journée de C1 pour ne pas avoir fait les efforts nécessaires en défense, Guardiola l’a forcément dans un coin de la tête. Ce n’est pas le genre de choses que l’on oublie. L’ancien coach du Barça connaît les atouts de son ailier aux pieds de feu. Et ils sont légion, aussi bien balle au pied que mentalement. Sa capacité à faire des différences dans des défenses hermétiques par son sang-froid et son sens du dribble hors du commun dans les un contre un le range dans les éléments à part. C’est le genre de joueur que tout entraîneur aime avoir sous la main quand l’oxygène se raréfie lors des chocs. Alors pourquoi Guardiola, qui a la chance d’avoir l’embarras du choix, n’hésite-t-il pas non plus à le laisser régulièrement sur le banc au coup d’envoi ? Pour lui offrir le temps de monter tranquillement en puissance au fil de la saison ? Ou le piquer pour le pousser à donner le meilleur de lui-même ? Tout est possible. Toujours aussi exigeant avec ses joueurs, il est en tout cas sûrement conscient que le gamin de Sarcelles, qui a bataillé pour arriver au plus haut niveau et n’a jamais lâché pour toucher ses rêves du doigt, n’est pas du style à baisser les bras. Et il a pu s’en apercevoir. 

R. S.

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