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Six ans après sa création : L’AAST peine à réaliser ses missions

Six ans après sa création, en 2015, l’Académie algérienne des Sciences et Technologies (AAST) peine à se lancer dans la réalisation de sa principale mission de promouvoir les sciences et les technologies, et renforcer leur impact dans la société, ont déploré des membres fondateurs de cette Académie. »Depuis 2015, l’Académie a fonctionné de façon assez lente parce qu’elle fallait la mettre en place, il fallait qu’elle soit reconnue », a affirmé à l’APS Dr Azzedine Bousseksou, relevant « beaucoup de difficultés » à l’installation de cette prestigieuse institution.Selon le chercheur, également membre de l’Académie européenne des Sciences, « le bilan en terme d’activité est, dans un premier temps, interne ». « C’est à dire, les académiciens ont travaillé, tenu des réunions, il y a des réflexions, des interactions avec les Académies étrangères, il y a toute une activité qui a été mise en place sans être sur le régime maximum », a-t-il reconnu.Néanmoins, ce directeur de Recherche-Classe Exceptionnelle, établi en France, espère voir l’Académie se lancer prochainement dans « une activité assez intense » et qu’avec le temps, « sa visibilité va aller en croissance », notamment avec la sélection des autres membres de l’AAST, se réjouissant d’un « soutien fort » de la part de la présidence de la République.D’ailleurs, une nouvelle loi visant à ancrer davantage les assises de l’Académie est en cours de préparation et sera présentée prochainement en Conseil des ministres.S’agissant des nouveaux membres de l’AAST, ces derniers seront  admis par leurs pairs pour atteindre un nombre total de 200 académiciens.Dr Bousseksou qui figure parmi les 2% meilleurs scientifiques au monde, selon un classement établi par une équipe de l’université américaine de Stanford, a expliqué que l’admission des nouveaux membres de l’Académie « va se faire de façon pluridisciplinaire », précisant qu’aujourd’hui « l’AAST est formée de 14 sections: 7 en sciences fondamentales et 7 en technologie ».Interrogé sur les moyens que compte mettre en place l’Académie pour encourager la production scientifique et technologique, il a affirmé que l’AAST est habilitée à attribuer des distinctions à des personnes qui se sont particulièrement distinguées par leurs travaux. »Les chercheurs distingués seront encouragés dans leurs missions. Cela les motivera et motivera aussi les autres chercheurs à aller encore de l’avant dans leurs travaux. C’est un chantier qu’on va mettre en place bientôt », a-t-il avancé.Evoquant les missions de l’Académie, ce chercheur rappelle qu’elle est chargée, notamment d’exercer un rôle d’expertise et de conseil, de contribuer au progrès des sciences et technologies ainsi que de leurs applications, de contribuer au développement de l’enseignement des sciences et des technologies, de promouvoir le développement de la culture scientifique et technique en rapprochant les sciences et technologies de la société, d’encourager la vie scientifique et technologique et soutenir la production de connaissances, de favoriser les collaborations internationales.Il a précisé, à ce titre, que la principale mission de l’AAST est « d’assister, conseiller les autorités gouvernementales, dans le cadre de la définition et de la mise en œuvre de la politique nationale en matière des sciences et technologies ».Abondant dans le même sens, Mme Drias Zerkaoui Habiba, membre fondateur de l’Académie, a affirmé qu’en matière de développement de la culture scientifique et technique et du rapprochement des sciences et technologies de la société, l’Académie est chargée de participer au débat scientifique sur les grands thèmes d’actualité. »Les membres de l’AAST assistent aux débats sur les questions de l’heure et pensent aussi agir sur les questions qui se posent à l’international comme le changement climatique », a-t-elle indiqué, citant quelques thématiques sur lesquelles travaillent, actuellement, les académiciens, notamment les catastrophes naturelles et la Covid-19.En matière d’innovation, cette académicienne, spécialisée en intelligence artificielle, a soutenu que l’Algérie a « un grand besoin de technologies innovantes ».

R.N.

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