Financement des infrastructures économiques : Tebboune n’écarte pas le recours à l’endettement

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, n’a pas écarté le recours à l’endettement pour le financement des infrastructures économiques qui peuvent dégager des revenus. 

Mardi soir, le président de la République a tenu un discours qui tranche avec les positions qu’il avait affichées jusque-là en matière d’endettement. Si au plus haut de la crise, Abdelmadjid Tebboune avait statué qu’il était hors de question de penser aux emprunts extérieurs en raison de la menace que l’endettement peut faire peser sur la souveraineté, il nuance son propos aujourd’hui. Et il reconnaît. Lors de la désormais traditionnelle rencontre avec les représentants de quelques médias nationaux, Abdelmadjid Tebboune a estimé que l’endettement peut être problématique lorsqu’il s’agit d’emprunter pour financer la consommation. Mais que la problématique ne se pose pas en ces termes pour les infrastructures économiques qui peuvent dégager des revenus pour rembourser les emprunts, donc les structures qui peuvent soit s’autofinancer ou contribuer à la croissance du PIB. Il citera à ce propos, les structures portuaires, les chemins de fer ou encore les barrages. 

Il est que la déclaration du chef de l’État tranche avec ses positions précédentes. Il est utile, cependant, de noter que celle-ci, intervient dans le sillage du débat sur la question de l’apport du partenariat public-privé dans le programme de relance économique. D’autant que le partenariat public-privé s’appuie sur des montages financiers qui requièrent capital public et capital privé en sus de l’endettement. Une formule qui devra réduire le recours aux ressources budgétaires pour le financement de grandes infrastructures comme les routes, les chemins de fer, le ports et aéroports. Des structures qui peuvent s’autofinancer grâce aux revenus qu’elles dégagent via leurs activités économiques. 

Notons par ailleurs que le président de la République a saisi l’occasion pour mettre en avant les efforts pour diversifier l’économie nationale et s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures. « L’économie nationale est sur la voie de l’augmentation de la production nationale et ne restera pas dépendante des cours du pétrole », a déclaré le Président Tebboune. Le chef de l’Etat a mis en garde contre la répétition des expériences du passé lorsque l’économie nationale dépendait des cours du pétrole avant de subir un choc lors de la chute des cours sur les marchés mondiaux. Les réserves de change ont connu une baisse progressive ces dernières années en raison du recul des cours du baril de pétrole, a indiqué le Président Tebboune qui a rappelé qu’elles (les réserves) sont établies actuellement à 44 milliards de dollars. »Nous n’allons pas lier notre avenir aux cours du pétrole », a affirmé le Président Tebboune, estimant que « la flambée que connaissent les marchés pétroliers est conjoncturelle ».Et d’ajouter ; « Au lieu de se baser sur les hydrocarbures, la stratégie nationale actuelle repose sur le développement des activités créatrices de richesse et l’exploitation des ressources nationales à l’image du fer, le phosphate et l’hydrogène en sus de l’agriculture ».

Chokri Hafed

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