Borell et les parlementaires espagnoles réaffirment leur soutien à la cause sahraouie : Les manœuvres du Makhzen en échec

C’est une double gifle pour le Makhzen. Au moment où ce dernier multiplie les manœuvres afin de tenter d’imposer son prétendu « plan d’autonomie» au Sahara occidental, le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell a réaffirmé le soutien des pays de l’UE à un règlement onusien du conflit, tandis que les parlementaires espagnols ont tenu à démontrer que la nouvelle position du premier ministre espagnol Pedro Sanchez n’est issue que d’une décision individuelle qui ne représente que lui. 

Dimanche, le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a réaffirmé la position commune des pays de l’UE vis-à-vis de la question du Sahara occidental, qui consiste à « soutenir pleinement les efforts menés par les Nations unies » pour parvenir à une solution politique acceptable par les parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc. Dans sa réponse dimanche au nom de la Commission européenne sur la question sahraouie, M. Borrell a tenu à réaffirmer que « la position de l’UE sur le Sahara occidental – qui reflète l’opinion commune existante parmi les Etats membres de l’UE – est de soutenir pleinement les efforts menés par l’Organisation des Nations unies en faveur d’un processus politique en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ». « L’UE considère que toutes les questions concernant le Sahara occidental et son statut doivent être traitées, conformément au droit international, dans le cadre des négociations en cours sous la direction de l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, Staffan de Mistura », a poursuivi M. Borrell. Et de souligner encore: « le processus dirigé par l’ONU est ouvert et son résultat final devrait être décidé par les parties selon les paramètres des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ».

Vaine tentative de contourner la légalité internationale

Dans ce contexte et réagissant aux propos de Borell, l’Envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb au ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Amar Belani, a souligné hier que la position de l’Union européenne « contribue à réduire la campagne orchestrée par le Maroc pour ressusciter sa proposition de 2007 à une vaine tentative de contournement et occultation de la légalité internationale ». « Le souk de Marrakech restera une mystification et une escroquerie dans lesquelles le marionnettiste Bourita (ministre marocain des Affaires étrangères), a investi et perdu le peu de crédibilité qu’il lui restait … », a encore dit Amar Belani.

Preuve de l’inutilité des manœuvres du palais royal, une délégation parlementaire espagnole effectuera, la semaine prochaine, une visite aux camps des réfugiés sahraouis pour réitérer son soutien au combat du peuple sahraoui et condamner « le flagrant parti pris » du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez concernant le conflit au Sahara occidental. Selon des médias espagnols, 147 personnalités espagnoles et européennes se rendront aux camps des réfugiés sahraouis pour participer aux célébrations du 49e anniversaire de la création du Front Polisario et le déclenchement de la lutte armée. De nombreuses personnalités feront partie de cette délégation, pour ne citer que la troisième vice-présidente du Parlement espagnol, un député, des présidents de communes et des conseillers espagnols, outre des politiques de l’Europe et de l’Amérique latine, ont dévoilé ces médias citant la représentation du Front Polisario à Madrid.

Les députés du Parlement espagnol se sont indignés contre le revirement du Premier ministre, Pedro Sanchez sur le conflit au Sahara occidental à savoir sa décision unilatérale en faveur de « l’expansion » marocaine au Sahara occidental, dernière colonie en Afrique. Les députés espagnols ont approuvé une proposition soumise par trois blocs parlementaires dénonçant le changement de position « unilatéral et illégal » de Sanchez concernant le conflit au Sahara occidental. Au cours d’intenses débats sur le Sahara occidental, les groupes parlementaires ont vivement dénoncé la position défendue par le Premier ministre, Pedro Sanchez, la qualifiant de « trahison » du peuple sahraoui, et exigé qu’il transmette un message « clair » au roi du Maroc que « le seul cadre que l’Espagne puisse défendre est celui de la légalité internationale soutenant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU relative à la décolonisation, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc.

Chokri Hafed

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