Le ministre annonce des contacts avec de grandes firmes : Construction automobile : le démarrage ?

Le ministre de l’Industrie a de grandes ambitions pour le secteur de la construction automobile en Algérie. Ahmed Zeghdar a affirmé hier que la nouvelle loi relative à l’investissement permettra à de grands constructeurs automobiles de s’installer en Algérie avec « un taux d’intégration important ».

S’exprimant lors de la journée d’information consacrée au lancement effectif du régime d’importation des chaînes de production rénovées et du régime d’exemption de droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée sur les intrants destinés aux industries de sous-traitance, le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar a abordé plusieurs questions tellesque l’industrie automobile, l’importation des chaînes de production rénovées et bien entendu la nouvelle loi sur l’investissement. La nouvelle loi sur l’investissement qui vient juste d’être adoptée représente, selon les propos de M. Zeghdar, la clé de voûte de la machine économique et industrielle nationale. En mettant au point un climat des affaires propice à l’investissement, ce nouvel instrument permettra de booster l’investissement dans tous les secteurs. Une nouvelle loi sur l’investissement qui ouvrira les portes du marché national, affirme-t-il, à « de grandes firmes internationales spécialisées dans l’industrie automobile de s’installer dans notre pays ». Les mécanismes contenus dans cette nouvelle loi, explique-t-il, permettront de booster l’investissement dans ce créneau. « Des contacts s’étaient établis avec de nombreux grands constructeurs automobiles, mais le système juridique alors était absent », a relevé M. Zeghdar, soulignant qu’avec la promulgation de la nouvelle loi relative à l’investissement, de grandes firmes viendront s’installer pour la fabrication des voitures, des tracteurs et des bus avec des taux d’intégration importants. Cette fois, précise-t-il, le volet de la construction automobile devra apporter un taux d’intégration plus important.

Abordant le nouveau régime d’importation des chaînes de production rénovées et le régime d’exemption de droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée, les composants et matières premières, importés ou acquis localement par les sous-traitants, dans le cadre de leurs activités,  le ministre a appelé les investisseurs et les industriels à saisir « cette opportunité », affirmant que toutes les conditions étaient réunies dans ce domaine grâce à ces deux nouveaux régimes.

Il n’a pas manqué de donner des recommandations à même de mettre à profit la conjoncture nationale et internationale pour saisir les opportunités d’investissement qui s’offrent notamment dans certains pays fortement touchés par la crise économique.

Le ministre a également affirmé que le nouveau cadre juridique régissant l’importation des chaînes et équipements de production rénovés « priorisait » le rendement économique, les capacités effectives des lignes devant être désormais évaluées par la définition de leur durée de vie minimale après l’opération de rénovation au lieu du critère en vigueur auparavant reposant sur la durée d’utilisation avant la rénovation.

M. Zeghdar a en outre souligné que le régime d’importation des chaînes et équipements de production rénovés revêt « une importance extrême » en matière de renforcement des capacités de la production nationale et de la relance et la diversification des activités industrielles en saisissant les occasions offertes sur les marchés internationaux, notamment ceux qui ont été impactés par la crise économique mondiale qui a entrainé la fermeture des usines et leur mise à la vente à des prix attractifs. Le cadre juridique régissant ce régime a été révisé dans cet objectif afin de « simplifier et faciliter » les démarches et d’adopter de nouveaux critères d’octroi de l’autorisation de dédouanement fondés sur des considérations visant à protéger les intérêts de l’économie nationale et à favoriser la compétitivité des entreprises. Ce nouveau cadre juridique, initié par le ministère de l’Industrie, repose sur plusieurs axes principaux, dont la priorité accordée au rendement économique lors de l’acquisition des chaînes de production rénovées à travers l’évaluation des capacités effectives de ces chaînes, une durée de vie minimale, après rénovation, de dix années étant exigée, selon M. Zeghdar. Pour les équipements de production, c’est le critère de l’âge qui prévaut, a-t-il dit, précisant que ces équipements ne doivent pas avoir plus de dix ans à partir de leur date de fabrication. Le nouveau cadre repose également sur l’évaluation de conformité des chaînes et équipements de production avant importation par la vérification de leur état général, leur exploitabilité, leur maintenabilité et la disponibilité des pièces de rechange, du mode d’emploi, outre un essai à vide concluant. L’évaluation de conformité est réalisée par des bureaux d’expertise accrédités par l’Organisme algérien d’accréditation (ALGERAC) ou d’autres organismes analogues dans les pays signataires d’un accord de reconnaissance d’accréditation mutuelle avec ALGERAC, a fait savoir le ministre.

Le nouveau cadre prévoit aussi le contrôle a posteriori de l’importation des chaînes et équipements de production rénovés, en exigeant de l’opérateur un certificat d’entrée en exploitation de l’équipement ou de la chaîne importé(e), établi par un expert assermenté résidant en Algérie afin d’éviter l’importation anarchique et l’apparition d’intermédiaires et de spéculateurs sur le marché national, a-t-il ajouté. Le cadre a été étendu au secteur agricole à travers une autorisation de dédouanement des équipements agricoles afin de  permettre aux professionnels du secteur d’exploiter les possibilités qui s’offrent sur les marchés mondiaux pour ramener des équipements agricoles « pouvant renforcer les capacités de production et contribuer à la promotion d’une agriculture moderne en accord avec la vision stratégique du gouvernement ».

Kamel Nait Ameur

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