Sonatrach annonce la signature prochaine de trois à quatre contrats : Le partenariat à plein gaz !

Sonatrach a signé hier un important accord avec trois majors pétrolières pour le développement des gisements du bassin de Berkine. Un accord qui ouvre le champ à la signature prochaine d’au moins trois autres contrats destinés à redéployer les activités de l’amont pétro-gazier avec pour objectif de consolider les réserves prouvées et renforcer les capacités de production d’hydrocarbures.  

L’Algérie entend renforcer sa sécurité énergétique et maintenir ses positions en tant qu’acteur majeur des marchés énergétiques pour les décennies à venir. Le secteur des hydrocarbures continuera à occuper une place prépondérante dans cette stratégie, et le redéploiement des activités dans l’amont pétro-gazier s’impose comme impératif, afin de consolider les réserves et les capacités de production à travers le redéploiement des activités d’exploration, mais aussi l’amélioration des taux de récupération des gisements existants. Dans cette perspective, la Sonatrach mise sur le partenariat. C’est dans ce contexte que la Compagnie nationale des hydrocarbures signé hier a accord avec ses trois partenaires sur les gisements du bassin de Berkine – l’Italien Eni, l’Américain occidental et le Français Total- pour le développement des gisements de ce bassin et l’amélioration des taux de récupération. Un accord qui est le premier d’une série de contrats versant dans la consolidation des réserves et des capacités de production d’hydrocarbures de l’Algérie. 

C’est ainsi que le P-DG de la Sonatrach, Toufik Hakkar, a indiqué hier en marge de la cérémonie de signature de l’accord quadripartite que le groupe pétro-gazier national s’est engagé dans des négociations avec plusieurs partenaires étrangers, devant aboutir à la signature de plusieurs contrats d’ici la fin 2022.

Affirmant que la signature de ces nouveaux contrats devrait intervenir « à partir du mois de septembre prochain », le responsable a souligné que son groupe « ne ménagera aucun effort pour faire aboutir ces négociations ».

Il est vrai que le groupe Sonatrach a lancé une véritable offensive pour relancer le partenariat dans l’amont et ce, depuis la promulgation de la nouvelle sur les hydrocarbures en décembre 2019. Une offensive qui a d’abord permis la signature de plusieurs mémorandums d’entente (MOU) avec plusieurs poids lourds du secteur, avant de se traduire par des accords de partenariat concrets. Dans ce contexte, le P-DG de la Sonatrach a souligné que l’accord signé hier est troisième du genre »signé depuis la promulgation de cette nouvelle loi fin 2019 », avant de préciser que le premier contrat a été signé en 2021 avec l’italien « Eni » et le second au premier trimestre de l’année en cours avec le chinois « Sinopec ». Et l’objectif est clairement défini. Selon Hakkar, il s’agit d’atteindre une « production de 200 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) par an », en sus  du « renouvèlement des réserves d’hydrocarbures, permettant d’assurer la sécurité énergétique de l’Algérie, à travers les opérations d’exploration, ainsi que la revalorisation des réserves en place ».

1 milliard de barils de pétrole en plus

Il est utile de noter que le contrat signé hier entre Sonatrach, Eni, Occidental et Total prévoit un investissement de 4 milliards de dollars pour le développement des blocs 404 et 208 avec les gisements de Hassi Berkine, Ourhoud et El Merk, sur lesquels les quatre compagnies activent en partenariat. Il s’agit du prolongement du protocole d’accord signé le 31 janvier 2021 destiné à renforcer le partenariat entre les quatre firmes et destiné à faire du bassin de Berkine, qualifié familièrement du nouveau Hassi Messaoud, un nouveau hub pétro-gazier. 

Selon Toufik Hakkar, ce contrat est « le plus important » en termes de montant d’investissement, ainsi que les quantités d’hydrocarbures qu’il permet de récupérer ou de produire, dépassant 1 milliard de barils équivalents pétrole.

Pour rappel, le nouveau contrat, portant sur le périmètre contractuel de Berkine, situé à 300 km au Sud Est de Hassi Messaoud, a été signé sous l’égide de la loi n 19-13 régissant les activités hydrocarbures. Dans le cadre de ce contrat, les parties s’engagent à poursuivre le développement et l’exploitation de ce périmètre à travers un programme de travaux comprenant, notamment : une acquisition sismique 3D haute densité, le forage de 100 puits pétroliers, ainsi que la reconversion de 46 puits, principalement en puits à procédé « WAG ». Il est également prévu la réalisation d’études de schémas directeurs et d’optimisation des installations, l’implémentation de solutions « Oilfield digitalization », la mise en œuvre de 2 projets pilotes « Enhanced Oil Recovery » (EOR) et la réalisation de projets environnementaux relatifs à la réduction de l’empreinte carbone.

Il permettra, à terme, une récupération additionnelle de plus de un milliard de barils équivalents pétrole d’hydrocarbures, ce qui augmentera le taux moyen de récupération ultime à 55%, selon les explications de Sonatrach.Intervenant à l’occasion, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a indiqué que ce contrat permettra de « renforcer et consolider » le partenariat entre l’Algérie et ses partenaires étrangers et « ouvrira, en même temps, des horizons prometteurs pour la conclusion de nouveaux contrats à l’avenir afin de renforcer les capacités du pays en matière de réserves et l’augmentation de la production nationale de pétrole et de gaz ». Le ministre a également souligné que ce contrat traduit « la volonté des différentes parties de poursuivre leur partenariat historique et exceptionnel datant de plus de 30 ans pour le développement et l’exploitation du périmètre de Berkine, considéré comme l’une des importantes régions de production des hydrocarbures en Algérie ». Pour rappel, le groupe Sonatrach exploite, avec ses partenaires, le périmètre contractuel de « Berkine » dans le cadre du Contrat d’association signé le 23 octobre 1989 sous l’égide de la loi n 86-14 régissant les activités hydrocarbures. A ce jour, l’association a enregistré une production cumulée de l’ordre de 2,7 milliards de barils équivalents pétrole d’hydrocarbures et a consenti des investissements dépassant les 10 milliards de dollars.

Samira Ghrib

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