Maroc : Une bombe sociale qui peut exploser à n’importe quel moment

Le Makhzen est assis sur une véritable bombe sociale qui peut lui exploser à la figure à n’importe quel moment. Les acteurs de la société civile marocaine ne cessent d’ailleurs de tirer la sonnette d’alarme sur la situation désastreuse des Marocains. C’est le cas du mouvement Al Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance ou Justice et Spiritualité), dont le leader, Hassan Benajeh, vient d’avertir des conséquences de l’intransigeance du Makhzen face à la souffrance du peuple, exacerbée par la hausse alarmante des prix et son incapacité à prendre des mesures urgentes. Pour lui, intransigeance aura des « effets profonds et décisifs » dans les prochains jours.

Dans un post sur sa page Facebook, Hassan Benajeh a exprimé son étonnement devant le fait que le Makhzen ignore la réalité tragique de son peuple.  « Il est étrange de voir comment le Makhzen ne se soucie pas de l’inflation qui touche les Marocains », écrit-il. Dans ce contexte, il s’interroge : « Le Makhzen n’a-t-il pas le sentiment que le plus dangereux en insistant pour ne pas baisser les prix est le coup de poignard profond qu’il adresse au peuple ? »

Le leader du mouvement Al Adl Wal Ihsane affirme ainsi que « le peuple ne croit pas et n’est pas convaincu par les justifications avancées par le gouvernement marocain pour augmenter les prix à ce niveau scandaleux ». Pour lui, l’argument de l’ouverture du Maroc sur le monde ne tient pas. Pourquoi ?  Hassan Benajeh  explique que même les pays libéraux ont mis en place des filets sociaux pour éviter à leurs populations les effets pervers  de l’inflation des produits alimentaires et de l’essence. Pour lui, ces pays ont misé clairement sur le soutien des populations face à l’urgence de la hausse des prix. Ce qui n’est pas le cas du Maroc dont une partie de la population a basculé dans la misère depuis le début de la crise de Covid-19.

Pour M. Benajeh, cette séquence a permis à la population marocaine de découvrir la réalité du Makhzen qui est « autoritaire » et se désintéresse du sort de la population. Une réalité dans laquelle le peuple et sa souffrance ne sont pas pris en compte. Les derniers événements, poursuit-ils, ont eu raison de l’« atome de confiance » qui liait jusque-là le peuple et le Makhzen. « Ce dont souffre le peuple marocain est une hausse constante des prix. Une hausse causée par une collusion entre les autorités et les groupes économiques influents avides et qui pillent les richesses des Marocains pour fortifier les richesses illégales », ajoute-t-il. Dans ce contexte, il a souligné la nécessité d’être conscient que « l’abandon par l’Etat marocain en 2015 des subventions des produits de première nécessité a fait économiser chaque année au Trésor public entre 40 et 45 milliards de dirhams (entre 3,8 et 4,3 milliards d’euros) », ajoutant que cela n’a aucun effet sur la vie des gens jusqu’à aujourd’hui », s’interrogeant sur le sort de ces fonds publics, surtout avec une augmentation sans précédent du recours la dette extérieure et intérieure. Il faut savoir qu’au-delà de la vitrine touristique qu’est Marrakech, la plupart des régions marocaines  vivent presque dans le moyen-âge. Les habitants du Maroc profond, appelé communément « le Maroc oublié », une région située derrière les montagnes du Haut Atlas, mènent une « vie primitive semblable à celle des hommes des cavernes » à cause de l’absence des commodités les plus basiques, et des conditions climatiques difficiles ayant fait de leur vie une tragédie.

L’agence de presse « Step News » a récemment consacré un reportage poignant sur « le Maroc oublié », où « la misère s’affiche sur les visages de ceux qui vivent dans cette région » reculée, les conditions de vie étant difficiles et les habitants marginalisés. Dans cette région, précise la même source, « la vie est primitive et l’homme aussi », à cause de l’absence des services les plus basiques, relevant « qu’il n’y a pas de place pour l’éducation, ni pour les services médicaux, encore moins pour les routes, le transport et les services publics… ».

Khider Larbi

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