Squattage du Cour de la Révolution à Annaba : Le maire  remet les pendules à l’heure

Habitués à l’indifférence des ex-élus de l’APC d’Annaba, des gérants de cafés et desglaciers du Cour de la Révolution squattent de manière persistante cet espace, foulant au pied les avertissements des nouveaux locataires de l’Hôtel de ville.

Le P/APC d’Annaba a brandi la hache de guerre contre les gérants de terrasses et de crèmeries, qui dans l’impunité, se sont accaparé les espaces du Cour de la Révolution pour installer leurs tables et chaises.  En effet,  le Cour de la Révolution, la plus importante place publique d’Annaba, est depuis quelques années,  victime de l’incivisme et surtout de la cupidité de gérants de terrasses  et de glaciers. Certains parmi eux ont totalement clôturé d’importantes parties de cet espace public,  bloquant la libre circulation aux promeneurs et aux habitants de la vieille-ville notamment. Notons que l’un des commerces donne sur un passage piéton. Et pour mieux signifier leur décision de structurer l’endroit où ils s’exercent à quiconque veut protester, ils ont utilisé des cordons et autres gros vases en terre cuite de fleurs ornementales pour couvrir le parterre de gazon artificiel afin de délimiter leur aire d’activité. De l’avis des habitués, l’accaparement de l’esplanade du Cour de la Révolution, considérée comme la première place publique  d’Annaba avec ses anciennes terrasses de glaciers et autres kiosques à journaux, qui font le charme particulier de la ville, est une atteinte à l’espace public et une entrave à la circulation piétonne. Des citoyens et des habitants du centre-ville ont,  à l’unanimité dénoncé cette situation pointant du doigt tous les anciens élus de la mairie d’Annaba. Selon plusieurs de nos interlocuteurs,  notamment les habitants de la Place d’armes, plusieurs doléances ont été portées aux ex-éluspour dénoncer ce désagrément, devenu au fil du temps insoutenable. Mais le silence complice des autorités locales censées protéger les biens publics des comportements de commerçant a contribué à la généralisation du phénomène. Le grignotage des  superficies monopolisées par ces gérants de cafés et de glaciers, n’a pas laissé pour autant indifférent les membres de l’Assemblée populaire de la commune d’Annaba.  Effectivement, le président de l’Assemblée Populaire Communale (APC), Youcef Chouchane, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer les agissements de « personnes malveillantes qui continuent de ternir le blason d’Annaba ».  Pour notre interlocuteur, « il s’agit là d’un espace public qui est formé d’espaces libres, affectés à des usages publics, qu’aucun n’a le droit de s’approprier, de squatter ou encore de violer », a-t-il dit.  Et d’ajouter : « Nous avons déjà dans un passé récent mis fin à ce genre de dépassements, qui affectent l’image que présente la ville à ses habitants et surtout à ses visiteurs ». « À chacun des commerçants, il faut ainsi respecter le fondement de la loi sur l’aménagement communal et le développement urbain qui touche de près au principe du développement durable », a expliqué le P/APC. L’élu a tenu à rassurer la population que chaque espace barricadé ou squatté doit être libéré immédiatement par la force de la loi qui tend à imposer le respect des gérants de commerces des lois contre le squat des espaces publics. Il est vrai qu’à l’occasion de la rentrée scolaire, le centre-ville d’Annaba ressemble beaucoup à un souk à ciel ouvert, car envahi par des vendeurs à la sauvette. Les trottoirs sont devenus également des étendues squattés par une nuée d’étals anarchiques et de charrettes de fruits et légumes donnant l’aspect d’une foire où tout se vend dabs ce bric-à-brac. Assurément c’est un phénomène qui prend de l’ampleur. Plus grave encore, profitant de l’absence de mesures de dissuasion, les commerçants réguliers ont érigé de part et d’autre de la devanture de leurs magasins, des éventaires qui bloquent le passage et perturbent la circulation piétonne.

Sofia Chahine

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