Annaba : La vente illégale des logements sociaux prend de l’ampleur

Des infractions qui continuentà annihiler les efforts déployés par les autorités du pays pour juguler l’habitat précaire.

 Si l’on se réfère à la majorité des habitants des différents pôles urbains, Kalitoussa, Berka Zarga, entre autres, la vente illégale de Logements Publics Locatifs (LPL), appelés aussi logements sociaux, bat son plein. Depuis l’octroi des premiers logements en2016, les 50% des demandeurs qui ont pu en bénéficier, les ont vendus. La plupart de ces derniers, en provenance de plusieurs wilayas, ont élu domicile dans l’un des bidonvilles, en quête de logement social. Une fois l’acquis en main, ces chasseurs d’appartements sociaux, ne prennent même pas la peine de les habiter. Celui-ci est aussitôt mis en vente à raison de 120 millions de centimes. La coquette somme empochée, ces derniers n’hésitent pas à postuler de nouveau pour un logement, après s’être installé une fois de plus dans un bidonville. Au vu de l’ampleur du phénomène, les habitants des nouveaux pôles urbains ont fini par briser le silence pour dénoncer des pratiques malveillantes. Les deux pôles urbains, de la daïra de Berrahal, de Kalitoussa et de l’ex-Drâa-Errich, actuellement wilaya déléguée Benmostefa Benaouda, sont les plus touchés par letrafic de logements relevant de l’Office de Promotion et de Gestion Immobilière (OPGI). Deux autres importantes cités, l’une implantée à la plaine Chabia située à El-Bouni et l’autre à El-Kantara, dans la commune de Sidi-Amar, connaissent les mêmes pratiques.Ces pôles urbains ont, depuis quelques mois, acquis toute une réputation en matière de trafic d’appartements, particulièrement la vente dite du  »pas-de-porte », ainsi que la sous-location. Selon des citoyens de la nouvelle ville, des F3 ont été cédés à 120 millions de centimes. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, sur le même site, un appartement de même type est vendu par les promoteurs immobiliers à des prix oscillants entre 700 et 800 millions de centimes.

Prolifération des bidonvilles

Faut-il rappeler que l’OPGI avait déjà dans le passé, traduit en justice plusieurs bénéficiaires et des peines d’emprisonnement avec sursis assorties d’amendes ont été prononcées contre les premiers bénéficiaires. Mais il a été impossible de récupérer les logements et déloger les occupants actuels. L’un des exemples les plus édifiants est à mettre à l’actif de certains ex-occupants du bidonville situé sur la colline de Refes Zahouaneex-Toch, qui avait été rasé, il y’a quelques années, après que ces occupants aient bénéficiéde LPL. Des logements spécialement réalisés pour eux à la cité du premier mai, ex-TCA (El-Bouni), sont de retour sur les lieux occuper des dizaines de baraques érigées sur le même site.Une anarchie qui s’installe encouragée par l’incurie des institutions de l’État, qui ne réagissent pas face à ce passage en force des trafiquants du foncier. Il suffit de faire une virée pour constater l’implantation d’une trentaine de nouvelles baraques, occupées par les anciens occupants qui avaient bénéficié de nouveaux logements.Depuis les deux derniers mois, ce sont des baraques en tôles qui s’érigent,en l’absence de réaction du responsable du secteur ‘’1’’ de l’APC de Annaba et des gestionnaires ‘’habituellement très sévères’’ lorsqu’il s’agit de chantiers réguliers ! Depuis 2016, des dizaines de logements sociaux des différents programmes attribués jusqu’ici auraient été déjà vendus clandestinement, arévélé une source proche du dossier. Les prix de ventes ne dépassent pas généralement les 300 millions de centimes, a ajouté la même source. Ici l’on pointe du doigt les ex-locataires principalement ceux du chef-lieu de la commune d’Annaba, particulièrement, ceux de Béni M’hffeur, Boukhadra et Sidi-Salem. Par ailleurs, nous apprenons de même source que 40 % des appartements de différents types, dontentre autres, AADL,LPA, LPP, sont sous-loués. De nombreux bénéficiaires des logements vendus, ont jeté leur dévolu sur les constructions illicites, implantées aux abords du chef-lieu de la commune d’Annaba.Ces constructions illicites sont essentiellement localisées dans les plus importantes communes de la wilaya, à savoirla commune d’Annaba, Sidi Amar, Berrahal et El-Bouni. De larges superficies de foncier sont livrées aupillage de la mafia du foncier à Annaba. L’absence de réaction des autorités locales de la wilaya induit ce phénomène rampant et sournois d’occupation illicite des espaces. Une situation qui perdure et qui sera difficile à régler seloncertains élus de l’APC d’Annaba.Certains parlent d’une véritableruée vers les poches constructibles avec ou sans l’aval des responsables locaux. Depuis, la situation s’est sérieusement dégradée et serait devenue incontrôlable.Jamais Annaba n’a vu autant de constructions illicites, surtout depuis les cinq dernières années. Ces bâtisses réalisées sur des terres domaniales et forestières avec piliers et dalles en béton, sans autorisation, ne semblent pas déranger pour autant les autorités locales. Le lieu choisi pour ce type d’habitat est généralement situé loin des regards indiscrets. Autrement dit, des terrains propices à l’implantation de constructions.

Sofia Chahine

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