Rapport du FMI sur les perspectives de l’économie mondiale : Prévisions de croissance améliorée pour l’Algérie

Le Fonds monétaire international vient d’améliorer, une nouvelle fois, les prévisions de croissance de l’économie algérienne pour 2022 et 2023. C’est ainsi que le FMI table désormais sur un bond de la croissance algérienne à 4,7% cette année, qui sera suivi cependant d’une décélération de la croissance l’année prochaine avec un taux de 2,6%. Ces prévisions reflètent, cependant, une nette amélioration des perspectives, par rapport aux prévisions du mois d’avril qui prévoyaient une croissance à 2,4% en 2022 et 2023.

Il en est de même pour les autres indicateurs macroéconomiques. Le FMI prévoit ainsi un excédent plus revu depuis des années du compte courant externe à 6% du PIB cette année, et à 0,6% l’année prochaine. Seul ombre au tableau le taux d’inflation qui fait un bond dès 2021, dans le sillage de l’inflation mondiale. Selon le FMI, l’inflation devrait passer de 7,1% en 2021 à 9,7% cette année. Un taux qui devrait redescendre à 8,7% en 2023.  

Il est vrai que l’inflation reste une préoccupation majeure pour tous les pays. L’inflation reste l’un des facteurs majeurs qui devraient peser sur la croissance de l’économie mondiale. Selon le rapport du FMI, l’économie mondialese rapproche un peu plus de la récession, qui risque de toucher plusieurs pays développés en 2023.

L’institution de Bretton Woods a maintenu à 3,2% sa prévision de croissance pour 2022, déjà révisée trois fois cette année. Mais il a abaissé de nouveau celle attendue pour 2023, cette fois à 2,7%, soit 0,2 point de moins que ce qui était anticipé en juillet. »Notre rapport souligne qu’il existe une probabilité de 25% de voir la croissance mondiale passer sous les 2% l’année prochaine, un niveau historiquement bas que le monde n’a connu que cinq fois depuis 1970″, a expliqué le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, lors d’une conférence de presse au siège de l’institution, à Washington.Les trois locomotives mondiales, les Etats-Unis, la Chine et l’Europe, en effet, ralentissent.Car l’économie mondiale, qui se remettait doucement des effets de la pandémie et restait confrontée à des problèmes de logistique dans de nombreux secteurs, fait désormais face à un enchaînement de chocs inhabituel.Au centre des difficultés, une inflation persistante, touchant les économies avancées mais, plus encore, les pays émergents et en développement, et qui devrait atteindre 8,8% en moyenne au niveau mondial cette année (+0,5 point par rapport aux prévisions de juillet). »Trop resserrer les politiques monétaires, mais aussi ne pas suffisamment le faire, pourrait renforcer l’ancrage de l’inflation. L’histoire nous le rappelle, cela ne pourra que rendre la lutte contre l’inflation encore plus chère » pour les économies, a alerté M. Gourinchas, qui appelle les banques centrales à « poursuivre la normalisation ».Une note positive cependant: l’inflation mondiale devrait avoir atteint son pic au troisième trimestre (9,5%) et commencer à refluer dès le dernier trimestre 2022, poursuivant cette tendance l’année prochaine, pour revenir au dernier trimestre 2023 à un niveau comparable à l’inflation de 2021 (4,7%).Le chef-économiste du Fonds a cependant alerté sur le risque d’un « mauvais calibrage des politiques, tant monétaires que budgétaires ou financières, un risque qui se renforce face aux incertitudes et fragilités croissantes ».Le ralentissement économique va toucher l’ensemble des Etats les plus riches, à commencer par les Etats-Unis: la croissance y a été révisée à tout juste 1,6% en 2022, contre 2,3% attendus en juillet. 2023 pourrait être plus difficile encore, le Fonds tablant sur tout juste 1%.Et la situation n’est guère meilleure dans la zone euro: certes, la croissance devrait atteindre 3,1% en 2022, mieux qu’attendu en juillet (+0,5 point) mais la zone devrait frôler la récession en 2023, à 0,5% de croissance (-0,7 point par rapport aux prévisions de juillet).Et pour certains Etats membres, l’Allemagne et l’Italie, la récession semble inévitable l’an prochain (respectivement -0,3% et -0,2%), alors que la France peut espérer rester au-dessus de la ligne de flottaison, avec une croissance de 0,7%. Tout comme, hors UE, le Royaume-Uni, à 0,3%.La Chine, deuxième puissance économique mondiale, devrait de son côté connaître en 2022 sa pire année depuis plus de 40 ans, si l’on excepte la pandémie en 2020, avec une croissance attendue de tout juste 3,2%, avant de repartir légèrement en 2023 (4,4%).En cause, les confinements à répétition causés par la politique de tolérance zéro vis-à-vis du Covid-19 qui ont touché plusieurs villes du pays, à commencer par son pôle économique, Shanghai, fermé pendant plus d’un mois.

Pour la Russie, le FMI y anticipe désormais une contraction de 3,4% pour 2022, mais c’est 2,6 points de mieux que les prévisions faites en juillet dernier. Dans un contexte mondial morose, la région Amérique latine et Caraïbes voit quant à elle ses prévisions s’améliorer, avec une croissance désormais attendue à 3,5% (+0,5 point) cette année, même si ses deux principales économies, le Brésil et le Mexique, auront une croissance moins marquée que la moyenne de la région.

Samira Ghrib

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