Écoles privées, formation professionnelle, Hadj et port d’Annaba : Le Gouvernement serre la vis et accélère les réformes
Le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé, mercredi à Alger, une réunion du Gouvernement au menu chargé, marquée notamment par l’examen d’un projet de décret exécutif visant à encadrer strictement les établissements d’éducation privés et par l’adoption d’une feuille de route ambitieuse pour la formation professionnelle, deux chantiers majeurs dans un pays confronté à l’urgence de l’employabilité de sa jeunesse et à la nécessité de normaliser un secteur éducatif privé en pleine expansion.
C’est le dossier des écoles privées qui a d’abord retenu l’attention de l’exécutif. Le projet de décret exécutif examiné lors de cette réunion fixe « les conditions et les procédures d’agrément des établissements d’éducation et d’enseignement privés ainsi que leur fonctionnement et leur contrôle », selon le communiqué des services du Premier ministre. Le texte entend reprendre la main sur un secteur dont le développement rapide ces dernières années s’est accompagné de dérives répétées. Le communiqué reconnaît d’ailleurs sans détour que « ce projet vise à remédier aux dysfonctionnements et aux lacunes constatées sur le terrain ». Concrètement, le nouveau cadre réglementaire introduit « un nouveau cahier des charges fixant les obligations administratives, techniques et pédagogiques des écoles privées ». Deux exigences majeures se dégagent du texte : d’une part, « l’agrément des établissements d’éducation et d’enseignement privés sera soumis aux exigences de la cartographie scolaire », ce qui signifie que l’ouverture de nouvelles structures devra désormais répondre à une logique territoriale et non plus à la seule initiative de promoteurs privés. D’autre part, « ces établissements seront également tenus de dispenser un enseignement conforme aux programmes et aux manuels nationaux et dans le respect des constantes nationales ». Cette dernière disposition traduit une volonté politique claire de maintenir l’unité du système éducatif algérien, à l’heure où la multiplication d’écoles privées aux curricula disparates suscite un débat récurrent au sein de la société. Sur le front de la formation professionnelle, l’autre grand dossier éducatif de cette réunion, le Gouvernement a examiné « la feuille de route 2026-2028 du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels, dans la perspective d’une modernisation de ce secteur pour en faire un véritable levier de développement économique ». L’enjeu est considérable pour l’Algérie, où le taux de chômage des jeunes demeure élevé et où l’inadéquation entre les formations dispensées et les besoins réels de l’économie est régulièrement pointée du doigt. Le communiqué précise que « ce plan stratégique prévoit une refonte complète du système pédagogique, avec pour objectifs de renforcer l’employabilité des diplômés, d’améliorer la qualité et de diversifier l’offre de formation afin de répondre pleinement aux besoins du marché de l’emploi ». Une ambition de taille sur trois ans qui devra se confronter à l’épreuve du terrain. La réunion a également été l’occasion de faire le point sur les préparatifs de la campagne Hadj 1447h/2026. L’exposé présenté devant le Gouvernement a détaillé « les principales étapes organisationnelles et les opérations achevées visant à simplifier et à faciliter le pèlerinage pour les hadjis ». Parmi les avancées concrètes, le communiqué mentionne « la conclusion des contrats relatifs à l’hébergement, à la restauration, au transport des pèlerins et de leurs bagages et à la surveillance médicale », ainsi que « la numérisation du processus organisationnel via le Portail algérien du Hadj et la mise en place du paiement électronique des frais de pèlerinage ». Le Premier ministre a insisté sur « l’importance d’une coordination continue entre les différents secteurs, institutions et organismes impliqués dans l’organisation du Hadj, en vue de promouvoir une image honorable de notre pays durant cette saison ». Enfin, « dans le cadre du suivi des grands projets structurants, le Gouvernement s’est enquis de l’état d’avancement des travaux du projet d’extension du port d’Annaba, lequel s’inscrit dans le cadre de la réalisation du méga projet de phosphate intégré ». Ce chantier stratégique, pilier de la diversification économique du pays, doit permettre à l’Algérie de devenir un acteur majeur de l’industrie mondiale des phosphates. Le suivi de ce dossier au niveau gouvernemental témoigne de l’importance que l’exécutif accorde au respect des délais de réalisation de cette infrastructure portuaire, indispensable à l’exportation des produits dérivés du phosphate.
Chokri Hafed

