Économie

Exportations hors-hydrocarbures : Rezig fixe les objectifs de 2026

Du papier vers la Tunisie, des fibres plastiques vers l’Égypte, des dérivés du caroubier vers l’Asie et l’Amérique centrale : quatre opérations d’exportation supervisées jeudi par le ministre du Commerce extérieur illustrent la volonté des plus hautes autorités de diversifier les exportations hors hydrocarbures.

La scène se déroule simultanément dans plusieurs lieux : les usines de Tlemcen et, par visioconférence, le site de Sétif. Kamel Rezig, ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, orchestre en direct le départ de marchandises algériennes vers cinq pays différents. L’entreprise Miga Warak expédie 17 tonnes de papier vers la Tunisie, l’usine algérienne de fibres de polyester envoie 21 tonnes de fibres plastiques en Égypte, tandis que l’entreprise Boubelenza achemine 75 tonnes de produits dérivés du caroubier vers la Thaïlande, le Vietnam et le Guatemala. Depuis Sétif, six camions d’équipements électroménagers Samsung quittent le territoire algérien, également destination la Tunisie.

« Tous les produits destinés à l’exportation sont des produits entièrement fabriqués localement, dans divers domaines tels que l’électronique, les produits alimentaires, le papier et les plastiques », a précisé le ministre dans une déclaration à la presse. Cette insistance sur l’origine locale de ces marchandises n’est pas anodine : elle traduit la volonté des autorités de démontrer que l’Algérie peut produire et exporter autre chose que des hydrocarbures, qui représentent encore l’essentiel des recettes extérieures du pays.

Kamel Rezig a d’ailleurs salué « la concurrence entre les wilayas dans le domaine des opérations d’exportation », suggérant une émulation territoriale pour développer les exportations hors hydrocarbures. L’objectif affiché pour 2026 est clair : « relancer la dynamique des exportations, compte tenu de leurs effets positifs sur les opérateurs économiques et sur l’économie nationale », a-t-il déclaré.

Cette démonstration de force intervient lors de l’ouverture du Salon de la chaussure et du cuir, organisé jusqu’au 9 mars à la salle omnisports Abdellah-Benmansour de Tlemcen. Environ 80 exposants – artisans et entreprises spécialisées venus de plusieurs wilayas – y présentent leur savoir-faire. Pour le ministre, les participants « ont démontré la qualité et la maîtrise de leurs produits, reflétant ainsi les capacités et le potentiel de ce secteur ».

L’enjeu dépasse la simple célébration du made in Algeria. « L’exportation des produits industriels exige avant tout la garantie de la qualité », a martelé Kamel Rezig, posant ainsi l’exigence qui conditionne la réussite de cette stratégie. Selon lui, « l’industrie de la chaussure en Algérie s’oriente vers l’ouverture aux marchés mondiaux et à la concurrence internationale », un positionnement ambitieux pour un secteur longtemps centré sur le marché domestique. Le ministre inscrit cette dynamique dans le cadre plus large de « la politique menée dans le cadre du programme du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, dont les résultats commencent à apparaître dans les secteurs de l’habillement et de la chaussure ». Une référence au volontarisme politique qui accompagne cette stratégie de diversification économique, impérative pour un pays cherchant à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers et gaziers.

Sabrina Aziouez

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