Économie

Rapport MEO 2026 de la BAD : L’Algérie parmi les économies les plus robustes d’Afrique

La Banque africaine de développement (BAD) vient de rendre publiques ses perspectives macroéconomiques pour le continent dans son rapport annuel MEO 2026, présenté à Abidjan. Pour l’Algérie, le tableau est clair : des fondamentaux monétaires solides et une trajectoire de croissance ascendante.

Avec un taux de croissance du PIB réel estimé à 3,3 % en 2025, l’Algérie affiche une performance honorable dans un environnement mondial incertain. La BAD prévoit une progression à 3,9 % en 2026, portée principalement par les investissements dans les champs gaziers, les dépenses publiques en infrastructures sociales et la dynamique de la consommation des ménages.  Sur le plan de la stabilité macroéconomique, l’Algérie présente des atouts indéniables. L’inflation est contenue à 3,0 % en 2025 — un indicateur classé « vert » par la BAD dans sa grille d’évaluation —, bien en dessous du seuil d’alerte de 5 %. Plus significatif encore, les réserves de change couvrent l’équivalent de 15,8 mois d’importations, soit plus du double de la moyenne régionale fixée à 7,3 mois. Ce matelas financier constitue un bouclier non négligeable face aux aléas des marchés pétroliers internationaux.

L’ombre au tableau demeure le déficit budgétaire, évalué à 14,4 % du PIB en 2025, avec des projections à 14,5 % en 2026 et 14,0 % en 2027. La BAD relie directement cette situation à « la faiblesse de la production et des exportations d’hydrocarbures et à l’accélération des importations, tirées par l’investissement et les dépenses publiques ». Dans la grille de notation de l’institution, ce solde budgétaire est logiquement classé « rouge ». Sur les 54 économies africaines étudiées, seul le Malawi présente un déficit plus prononcé — une position qui invite à une vigilance accrue de la part des autorités économiques algériennes.

L’économie nationale reste structurellement arrimée aux recettes pétrolières et gazières. La BAD note que « la persistance de risques à la baisse, notamment la fragmentation géopolitique et l’intensification des politiques protectionnistes, pourrait peser sur les recettes ». Dans ce contexte, les prix du baril sont attendus en repli, passant de 68,2 dollars en 2025 à 65,8 dollars en 2026, ce qui devrait se traduire par un déficit courant estimé à 2,9 % du PIB en moyenne sur la période 2026-2027 — un niveau classé « jaune » par la BAD, soit modéré mais à surveiller.

Une position géographique stratégique

Le rapport met en avant un avantage compétitif souvent sous-exploité : la position géographique de l’Algérie, qui lui confère un accès direct aux marchés européens et moyen-orientaux. Dans un contexte international marqué par la réorganisation des chaînes de production mondiales, cette proximité place l’Algérie — aux côtés de l’Égypte et du Maroc — parmi les économies africaines potentiellement bénéficiaires de ces reconfigurations. Un atout que le pays devra valoriser par des réformes structurelles et une diversification économique accélérée. À l’échelle continentale, la BAD dresse un bilan globalement encourageant. La croissance moyenne du PIB réel africain est estimée à 4,2 % en 2025, dépassant largement la moyenne mondiale de 3,1 %. L’institution souligne que le continent « devrait rester l’une des régions du monde à la croissance la plus rapide en 2026, abritant 12 des 20 économies enregistrant la croissance la plus forte du monde ». L’Afrique de l’Est confirme son leadership avec 6,4 % de croissance, emmenée par l’Éthiopie (9,8 %), le Rwanda (7,5 %) et l’Ouganda (6,4 %). Pour faire face aux chocs externes — crises géopolitiques, politiques commerciales protectionnistes —, la BAD appelle à davantage de « discipline budgétaire » et d’« intégration régionale ».

Sabrina Aziouez

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