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CAN U17 : Le Mondial en ligne de mire

Ce mercredi soir au Complexe Mohammed VI de Rabat, les cadets des Verts ouvrent leur campagne face au Ghana dans le groupe de la mort de la CAN U17 2026. Derrière l’enjeu continental se cache un objectif bien plus grand : décrocher le billet pour la Coupe du monde U17 au Qatar en novembre, une compétition que l’Algérie n’a fréquentée qu’une seule fois depuis son indépendance.

La Coupe d’Afrique des nations U17 2026 se tient du 13 mai au 2 juin au Maroc sous l’égide de la CAF. Seize nations s’y retrouvent pour un tournoi dont l’enjeu dépasse largement le seul titre continental : les huit équipes qualifiées pour les quarts de finale valideront automatiquement leur billet pour la Coupe du monde U17 Qatar 2026, prévue du 19 novembre au 13 décembre prochain. Les équipes classées troisièmes de leur groupe disputeront deux barrages pour s’attribuer les deux dernières places africaines au Mondial.

Pour l’Algérie, cet objectif n’est pas une formule rhétorique. Il est le moteur profond de toute cette campagne. Car les Verts n’ont goûté au Mondial de la catégorie qu’une seule fois dans leur histoire, en 2009 au Nigeria, quelques mois après avoir organisé la CAN U17 à Alger. Dix-sept ans sans Coupe du monde des jeunes. La génération 2026 est celle qui veut briser cette sécheresse, et le sélectionneur Amine Ghimouz a constitué un groupe de 26 joueurs taillé pour y parvenir.

Ce groupe, c’est d’abord un catalogue de clubs européens qui laisse rêveur. La liste retenue par Ghimouz comprend notamment Yanis Messaoudi à l’AC Milan, Walid Nechab à l’Olympique Lyonnais, Ilian Refsi au Paris FC, Nazim Benghezel à Amiens, Bilal Daâou à l’Eintracht Francfort, Adam Benali au Havre, Rayane Zidane au Bayer Leverkusen, Melwane Zaidi au FC Bâle, Mohamed Valmy au Stade Rennais, Mahdi Maghlout à l’Inter Milan et Ilyas Grini au RC Lens. Une cartographie du football de formation européen qui dit, mieux que tout discours, le niveau de cette génération algérienne. Messaoudi, par exemple, défenseur central de 1,89 mètre né à Saint-Cloud en 2009, s’est imposé comme un élément essentiel de la formation U17 milanaise, impressionnant par sa maturité dans le jeu, sa lecture des trajectoires et sa capacité à relancer proprement. Rayane Zidane — aucun lien de parenté avec Zinédine — fait son retour en sélection après plusieurs mois d’absence, tandis que le gardien Yazid Tifrani de Strasbourg et l’ailier Mahdi Maghlout de l’Inter Milan sont les deux nouvelles têtes du groupe. À noter qu’Ivan Guemdani, de l’Olympique de Marseille, manque à l’appel, son club l’ayant retenu pour les play-offs du championnat U17. Ces joueurs évolueront aux côtés de joueurs du championnat national comme Ali Sadji de la JS Kabylie, Tahar Akbache de l’USM Alger ou Yacine Abed du Paradou.

La qualification pour cette phase finale, les Verts l’ont arrachée en Libye lors du tournoi de l’Union nord-africaine de football. Ils ont terminé deuxièmes du tournoi UNAF avec sept points, après une victoire précieuse dans le dernier match face à l’Égypte, sur le score d’un but à zéro. Un résultat obtenu dans la tension, qui dit quelque chose de cette génération : sa capacité à tenir dans les moments décisifs. C’est exactement ce qu’il va falloir reproduire au Maroc, et dans un contexte autrement plus exigeant.

Un groupe D relevé

Le groupe D concentre en effet plusieurs nations solides du football africain, avec le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Ghana et l’Algérie. Sans doute l’un des plus relevés sur le papier. Le Sénégal, champion d’Afrique en 2023, est réputé pour la constance de son football de jeunes. Le Ghana, double vainqueur continental en 1995 et 1999, reste une référence historique de la catégorie, réputée pour la qualité de sa formation. L’Afrique du Sud, pour sa part, affiche une régularité notable en compétitions jeunes. Les Lionceaux sénégalais, entraînés par l’ancien international Lamine Sané, sont en mission reconquête après avoir chuté en quart de finale lors de la dernière édition. Autrement dit, tout le monde dans ce groupe a quelque chose à prouver et personne n’est venu faire de la figuration.

Le calendrier des Algériens ne ménage pas les susceptibilités. Ce mercredi 14 mai à 20 heures, l’Algérie ouvre son tournoi face au Ghana sur le terrain numéro trois du Complexe Mohammed VI. Un choc frontal d’entrée, contre une nation qui a remporté la CAN U17 à deux reprises et qui considère ces compétitions de jeunes comme une affaire de tradition. La réussite ou l’échec de cette première rencontre pèsera lourd sur la suite. Le 17 mai à 17h00 vient ensuite l’Afrique du Sud, adversaire sur le papier plus accessible mais dont la solidité défensive est réputée. Le 20 mai à 20h00, enfin, le Sénégal en clôture de poule : possiblement une finale anticipée pour la deuxième place du groupe, si les deux premières journées ont rendu leur verdict.

Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les quarts de finale, et avec le niveau affiché par ces jeunes Fennecs en phase préparatoire, le staff technique a des raisons de croire que la sortie de groupe est atteignable. Le président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi, s’est déplacé à Sidi Moussa dès le début du stage pour apporter son soutien au groupe et réaffirmer l’engagement de la FAF à mettre tous les moyens nécessaires à disposition du staff.

Monced Dahleb

Programme du groupe D

Ghana – Algérie, mercredi 14 mai (20h00)

Afrique du Sud – Algérie, samedi 17 mai (17h00)

Sénégal – Algérie, mercredi 20 mai (20h00)

admin

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