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Iran-États-Unis : Le cessez-le-feu en suspens, les menaces reprennent

Près de trois mois après les frappes conjointes américano-israéliennes du 28 février 2026 contre l’Iran, le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril reste sous haute tension. Mercredi 20 mai, Téhéran a haussé le ton : le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a accusé Washington de préparer une nouvelle guerre, tandis que les Gardiens de la révolution ont averti que toute reprise des hostilités embrasserait une région bien plus large. Les discussions de paix sont dans l’impasse.

Le 12 mai, Trump avait qualifié le cessez-le-feu de « sous respirateur », après avoir rejeté la dernière contre-proposition iranienne. Ghalibaf avait alors lancé un ultimatum : « Il n’existe pas d’alternative à l’acceptation des droits du peuple iranien tels qu’ils sont énoncés dans la proposition en 14 points. Toute autre approche ne mènera qu’à un enchaînement d’échecs. »

Ce mercredi, le ton n’a pas faibli. Dans un message audio relayé par les médias iraniens, Ghalibaf a affirmé que « les manœuvres de l’ennemi, tant publiques qu’en coulisses, montrent que, malgré les pressions économiques et politiques, il n’a pas renoncé à ses objectifs militaires et cherche à déclencher une nouvelle guerre », ajoutant que l’Iran devait « renforcer ses préparatifs afin d’apporter une réponse musclée à toute nouvelle attaque » et « ne céderait jamais à l’intimidation ». Les Gardiens de la révolution ont publié de leur côté un communiqué sur leur site Sepah News avertissant que « si l’agression contre l’Iran se répète, la guerre régionale promise s’étendra cette fois bien au-delà de la région », et que leurs « coups dévastateurs vous écraseront ». Ils ont également précisé n’avoir « pas encore déployé toute la puissance de la Révolution islamique » malgré les offensives subies.

Dans le même temps, la marine des Gardiens a indiqué sur X qu’au cours des dernières 24 heures, « 26 navires — dont des pétroliers, des porte-conteneurs et d’autres navires commerciaux — ont franchi le détroit d’Ormuz » après ce qu’elle décrit comme une « coopération » avec elle, sans en préciser la nature. Le détroit, fermé depuis le 28 février, reste sous contrôle iranien effectif. Donald Trump avait pourtant assuré que le détroit serait « bientôt ouvert », déclarant : « On va ouvrir le Golfe avec ou sans eux. » Pour l’heure, ses délais annoncés — « deux ou trois jours, peut-être vendredi, samedi, dimanche » — se sont tous révélés sans lendemain.

La médiation pakistanaise se poursuit malgré tout. Le ministre de l’Intérieur Mohsen Naqvi s’est rendu à Téhéran mercredi pour la deuxième fois en moins d’une semaine, selon l’agence officielle iranienne Irna. Pendant ce temps, les conséquences économiques du conflit s’accumulent. Deux agences onusiennes ont averti ce même jour que la crise fait désormais peser des risques mesurables sur la croissance et l’emploi mondiaux. La CNUCED prévoit un ralentissement de la croissance mondiale de 2,9 % en 2025 à 2,6 % cette année, le commerce de marchandises ne progressant plus qu’entre 1,5 % et 2,5 % contre 4,7 % l’an dernier. L’OIT alerte sur les effets durables sur l’emploi, son économiste en chef Sangheon Lee prévenant que « la crise au Moyen-Orient n’est pas une perturbation de courte durée — c’est un choc lent et potentiellement durable qui transformera progressivement les marchés du travail ». La FAO a par ailleurs alerté sur un risque de crise alimentaire mondiale majeure, l’UNOPS avertissant que « 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la faim et la famine » si le blocus d’Ormuz venait à se prolonger.

Lyes S.

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