Les commerçants appelés à la mobilisation : De nouvelles fonctionnalités pour signaler les abus
À deux jours de l’Aïd El-Adha, l’Union générale des commerçants et artisans algériens monte au créneau et le ministère du Commerce sort une mise à jour de son application de contrôle. Deux signaux qui disent la même chose : cette année, on ne laisse pas le marché livré à lui-même pendant les fêtes.
Dans un communiqué diffusé lundi, l’UGCAA a interpellé directement « les commerçants, opérateurs économiques, artisans, prestataires de services et transporteurs dans les différentes wilayas du pays » pour qu’ils assurent la permanence durant les jours de fête. Rappelons dans ce contexte que les services du Commerce ont mobilisé plus de 53.000 commerçants pour assurer la permanence, mais l’UGCAA appelle les commerçants non tenus par la permanence à ouvrir volontairement. Le ton de l’Union est ferme, mais l’argumentaire joue sur la corde du civisme plutôt que sur celle de la contrainte.
Car tout le monde n’est pas légalement tenu d’ouvrir. L’UGCAA le reconnaît, et c’est précisément là qu’elle insiste : ceux qui ne le sont pas devraient le faire quand même, volontairement. Le communiqué les exhorte à « faire preuve de civisme en ouvrant volontairement leurs commerces pour contribuer à l’approvisionnement du marché, comme l’ont toujours fait les commerçants algériens dont le sens civique et la solidarité envers leurs concitoyens ne se sont jamais démentis, notamment lors des fêtes religieuses et nationales, reflétant ainsi leur image honorable de partenaire clé dans la préservation de la stabilité socioéconomique ». L’enjeu est aussi calendaire. L’Aïd coïncide cette année avec le week-end, ce qui complique la reprise normale des activités. L’UGCAA insiste donc sur la nécessité de rouvrir « dès la fin de l’Aïd », conformément aux textes en vigueur, pour éviter toute rupture dans l’approvisionnement. « La réussite de cette occasion est une responsabilité collective qui exige la conjugaison des efforts de tous et l’ancrage des valeurs de solidarité, de discipline et de conscience nationale, au service du citoyen et de la patrie », conclut le communiqué.
Morafikcom se dote de nouveaux outils de signalement
Pendant ce temps, le ministère du Commerce intérieur joue la carte du numérique. Son application Morafikcom, déjà dédiée à la gestion des permanences commerciales en période de congés, vient d’être mise à jour avec des fonctionnalités inédites. Désormais, les citoyens peuvent signaler en temps réel les commerces qui n’affichent pas leurs prix ou qui présentent des problèmes d’hygiène et de sécurité sur les produits vendus.
Ce n’est pas anecdotique. Le ministère voit dans cette évolution un glissement de rôle : le consommateur ne subit plus le marché, il participe à son contrôle. L’objectif affiché est de « faire du citoyen un acteur clé du système de contrôle » et de « renforcer la transparence » des transactions, tout en améliorant « l’efficacité des interventions sur le terrain ». En clair, les agents de contrôle ne peuvent pas être partout ; l’appli permet de multiplier les yeux.
L’application est disponible gratuitement sur Google Play Store et Apple App Store. Le ministère invite les citoyens à la télécharger pour « contribuer à l’ancrage de la culture du signalement responsable au service de l’intérêt général et de la protection de la santé du consommateur ».
L’Aïd El-Adha est toujours un test grandeur nature pour la chaîne d’approvisionnement nationale. Viande, produits de base, carburant, transport : les tensions sont prévisibles et connues. Les outils mis en place visent à garantir l’approvisionnement des marchés pour un Aid dans la sérénité.
Amar Malki

