Collecte des peaux de l’Aïd : Une campagne nationale qui a tenu ses promesses
La directrice générale de l’Institut national des formations environnementales (INFE), Hayat Achour, a estimé ce dimanche que la campagne nationale de valorisation des peaux d’animaux sacrifiés avait atteint « les résultats en rapport avec les moyens mobilisés ».
Chaque année, les trois jours de l’Aïd el-Adha génèrent des millions de peaux de moutons dont le sort, faute d’organisation, se résume trop souvent au même scénario : abandon en pleine voie publique, nuisances sanitaires, ramassage tardif. Cette année, les pouvoirs publics ont voulu rompre avec ce schéma. Résultat : la directrice générale de l’Institut national des formations environnementales (INFE), Hayat Achour, a estimé ce dimanche que la campagne nationale de valorisation des peaux d’animaux sacrifiés avait atteint « les résultats en rapport avec les moyens mobilisés ».
Hayat Achour a d’abord insisté, lors d’une intervention sur les ondes de la Radio algérienne sur le caractère interministériel du dispositif : les ministères de l’Industrie, de l’Intérieur et du Commerce ont été mobilisés aux côtés du ministère de l’Environnement pour coordonner une opération qui, par nature, ne peut pas reposer sur un seul secteur. « C’est une campagne nationale à laquelle participent différents secteurs ministériels », a-t-elle précisé.
Sur le terrain, la mobilisation a été préparée en amont. Chaque wilaya disposait de son propre plan de collecte, avec des entreprises spécialement désignées pour le ramassage des peaux dans les délais impartis. Les directions de l’environnement, les communes, les centres d’enfouissement technique, les associations de la société civile — notamment les scouts islamiques — ont été impliqués à tous les niveaux. La cérémonie de lancement a eu lieu à la Grande Mosquée d’Alger, un choix délibéré pour associer les prêches de l’Aïd au message environnemental. « Nous avons voulu utiliser les discours religieux et les cours de sensibilisation pour rappeler l’importance de la participation citoyenne », a expliqué la responsable.
Du côté des ménages, Hayat Achour a relevé une implication notable : beaucoup de citoyens ont salé les peaux pour en préserver la qualité avant dépôt aux points de collecte. Ce geste traduit une appropriation du réflexe environnemental que les campagnes précédentes n’avaient pas toujours réussi à obtenir. La société nationale Getex — spécialisée dans la récupération et la valorisation des matières premières — a assuré la collecte, le traitement et la transformation finale.
L’enjeu dépasse la seule gestion des déchets de l’Aïd. La directrice a évoqué les lois 25/02 et 61/24, qui permettent aux jeunes d’obtenir des licences pour collecter et transporter des déchets valorisables. L’INFE a lancé dans ce cadre la plateforme « Investisseur environnemental », conçue pour guider les porteurs de projets vers les filières de l’économie verte : carton, papier, plastique — des secteurs qui n’exigent pas de capitaux importants. « Les jeunes peuvent identifier les opportunités d’investissement et créer des entreprises spécialisées dans la collecte des déchets récupérables », a-t-elle indiqué.
Samir Benisid

