470 plages ouvertes, 875 hôtels mobilisés : L’été se prépare activement
La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, a réuni lundi par visioconférence les directeurs du tourisme et de l’artisanat ainsi que les chambres des métiers des wilayas côtières, pour faire le point sur les préparatifs de la saison estivale 2026. Le communiqué du ministère situe cette rencontre dans le cadre «des préparatifs en cours et de l’attention particulière accordée par les pouvoirs publics à la garantie des meilleures conditions d’accueil, de service, et de sécurité au profit des estivants et des touristes, notamment les membres de la communauté nationale à l’étranger». Les chiffres présentés par les directeurs locaux donnent une mesure concrète de l’effort déployé. Au 31 mai, 470 plages sont autorisées à la baignade sur l’ensemble du littoral, réparties dans 124 communes côtières. Parmi elles, 328 disposent d’un plan d’aménagement touristique. Soixante-trois plans supplémentaires sont en cours de finalisation et doivent être bouclés avant le lancement officiel de la saison. La ministre a exigé que ce calendrier soit tenu, en insistant par ailleurs sur l’application stricte de la nouvelle loi régissant l’exploitation touristique des plages, notamment le principe d’accès gratuit et la mise à disposition des familles dans des conditions dignes.
Un parc hôtelier en expansion
Sur le front de l’hébergement, le mouvement est notable. Trente-neuf établissements hôteliers doivent entrer en service avant la saison. Neuf ont déjà été réceptionnés, représentant 890 lits supplémentaires. Sept autres projets sont attendus au cours du mois de juin, ce qui portera le parc national à 875 établissements au total. Ce chiffre traduit une progression continue de la capacité d’accueil, même si le secteur reste confronté à des déséquilibres territoriaux entre le littoral et l’intérieur du pays. Meddahi a formulé les attentes de l’État sans ambiguïté : l’État «a mobilisé l’ensemble des moyens matériels, logistiques, et humains pour assurer le succès de la saison estivale», a-t-elle indiqué, ajoutant que celle-ci constitue «un rendez-vous important pour dynamiser le tourisme intérieur et promouvoir la destination touristique algérienne, en sus d’être une opportunité de mettre en valeur les potentialités naturelles, culturelles, et patrimoniales des différentes régions du pays».
La ministre a tenu à replacer la saison dans un cadre plus large. «La vision du secteur transcende le caractère saisonnier, en s’appuyant sur le développement du tourisme et de l’artisanat en tant que secteurs économiques créateurs de richesse, contribuant à la création d’emplois et au renforcement du développement local», a-t-elle affirmé. Formulation attendue, mais qui dit quelque chose de réel : depuis plusieurs années, le gouvernement pousse à rompre avec un tourisme balnéaire concentré sur deux mois et sans lendemain.
Dans cet esprit, la réunion a accordé une place explicite à l’artisanat. Des salons et expositions sont prévus dans les wilayas côtières, avec participation d’artisans venus de l’ensemble du territoire, y compris du Sud. Des espaces de commercialisation leur seront réservés. L’objectif est double : animer les stations balnéaires et offrir aux artisans des débouchés pendant la haute saison touristique.
Le volet numérique a également été mis sur la table. La ministre a appelé à généraliser les solutions de réservation en ligne, de paiement électronique et de gestion des établissements, et à «intensifier la promotion de la destination Algérie à travers les différents supports numériques» en produisant «des contenus professionnels mettant en avant les atouts nationaux». Sur ce point, l’écart entre l’intention et l’exécution reste à combler : la présence numérique de l’offre touristique algérienne demeure fragmentaire. Meddahi a conclu la réunion en annonçant qu’elle «poursuivra le suivi régulier et de terrain du déroulement de la saison estivale», et que «sa réussite se mesure au degré de satisfaction des estivants et des visiteurs quant à la qualité des services, de l’accueil, des conditions de confort, de sécurité et de propreté». Un critère simple, et le seul qui compte vraiment.
Lyna Larbi

