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Visite de Pedro Sanchez en Algérie : Alger et Madrid relancent leur partenariat stratégique

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu lundi à Alger le président du Gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, pour une visite de travail et d’amitié consacrée à la préparation de la 8ᵉ réunion de haut niveau algéro-espagnole prévue en octobre prochain, et marquée par des annonces sur l’énergie, la récupération des avoirs détournés, la lutte contre la migration irrégulière et une série de dossiers diplomatiques régionaux, du Moyen-Orient au Sahara occidental en passant par le Sahel et la Libye.

Accueilli dès son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene par le Premier ministre Sifi Ghrieb, entouré du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, du ministre d’État chargé des Hydrocarbures Mohamed Arkab, du conseiller diplomatique de la présidence Amar Abba et de l’ambassadeur d’Algérie à Madrid Abdelfettah Daghmoum, le chef du gouvernement espagnol a ensuite été reçu en tête-à-tête par le Président Tebboune au siège de la Présidence, avant un entretien élargi aux deux délégations. Le protocole déployé, à la mesure de l’invité, en dit long sur l’importance que les deux capitales accordent à cette étape, présentée par les deux dirigeants comme un jalon avant le rendez-vous d’automne.

Une visite qui prépare le terrain

D’emblée, le Président Tebboune a situé la portée de la rencontre bien au-delà d’un simple passage protocolaire. « Je tiens à exprimer notre grande satisfaction à l’issue des entretiens fructueux, au moment où les relations privilégiées unissant nos deux pays connaissent une dynamique croissante, dont les contours s’illustrent aujourd’hui dans cette visite qui représente une étape cruciale et majeure pour la préparation de la 8ᵉ session de la réunion de haut niveau algéro-espagnole, prévue en octobre prochain », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe tenue à l’issue des entretiens. Il a ajouté que cette visite traduit « la volonté politique de donner l’élan nécessaire au partenariat algéro-espagnol, porteur d’avantages avérés pour les deux pays amis », précisant que « le nouveau souffle qui caractérise aujourd’hui nos relations s’inscrit dans le cadre d’une dynamique encourageante en faveur de l’élargissement et de l’intensification de la coopération sectorielle, tout en étant un stimulant pour les hommes d’affaires et les opérateurs économiques ».

De son côté, Pedro Sánchez a choisi des mots forts pour qualifier la relation bilatérale, évoquant « un partenaire stratégique et un pays ami » et une « nouvelle étape » de la coopération. Rappelant que les deux pays sont liés par « un traité d’amitié et de bon voisinage », il a insisté sur le fait que « le renforcement du dialogue politique est la base sur laquelle tout se construit ». Selon lui, les délégations des deux pays travaillent déjà à faire de la réunion de haut niveau d’octobre « un véritable succès » et à « poser les jalons nécessaires » au renforcement de la coopération sécuritaire, migratoire et culturelle.

L’énergie et la relance du dialogue avec l’UE

Le dossier énergétique demeure, sans surprise, au cœur des entretiens. Depuis que l’Algérie est devenue, en 2020, le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, un basculement accentué par la crise énergétique européenne qui a suivi le conflit ukrainien, Madrid s’est imposé comme l’un des relais les plus constants d’Alger sur le Vieux continent. Pedro Sánchez l’a reconnu sans détour. « La relation entre les deux pays va bien au-delà de la relation énergétique », a-t-il affirmé, avant de préciser que « nous souhaitons collaborer pour affronter ensemble les défis de la transition énergétique, de l’innovation et de la numérisation dans les infrastructures. »

Côté algérien, le Président Tebboune a revendiqué la fiabilité de l’Algérie comme fournisseur, évoquant « notre fidélité à notre engagement envers la sécurité énergétique de nos partenaires en Europe ». Mais le chef de l’État a surtout voulu déplacer le curseur vers l’avenir, celui des renouvelables. « Nous aspirons à une coopération plus large et plus profonde dans le domaine des énergies renouvelables, au regard du potentiel considérable dont dispose l’Algérie et qui en fait un acteur essentiel dans le processus de transition énergétique au sein de l’espace euro-méditerranéen», a-t-il souligné.

C’est sur ce terrain énergétique que le président de la République a formulé l’une des demandes les plus politiques de cette visite. Il a souhaité « que l’Espagne assume, de par sa position au sein de l’Union européenne, un rôle positif dans la promotion d’un plus grand équilibre dans les relations économiques entre l’Algérie et l’Union européenne, et contribue à la relance du Conseil de partenariat algéro-européen qui ne s’est pas réuni depuis 2020 ». L’allusion est limpide, Alger cherche, par le canal espagnol, à débloquer une architecture de dialogue avec Bruxelles restée figée depuis six ans, et à peser davantage dans une relation économique jugée déséquilibrée.

Biens détournés 

Autre volet, la coopération judiciaire liée à la récupération des avoirs détournés. Le Président Tebboune a publiquement salué « la réactivité positive » de Madrid et « les résultats satisfaisants obtenus à cet égard », qualifiant ce dossier de « priorité ». Il a détaillé les échanges tenus avec son homologue. « Nous avons évoqué, à cette occasion et lors d’un échange franc, les différents aspects de la coopération dans des domaines variés tels que l’énergie et les énergies renouvelables, la promotion des échanges commerciaux, l’encouragement de l’investissement et le lancement de la coopération sécuritaire, outre la coopération judiciaire et consulaire. »

Le chef de l’État a assorti cette satisfaction d’une attente explicite formulée devant les caméras. « Considérant ce dossier comme l’une de nos priorités, nous attendons de vous, Monsieur le président du Gouvernement, une réponse favorable à nos demandes et la poursuite de la coopération existante dans le traitement des dossiers judiciaires. » Cette insistance publique traduit la place croissante qu’occupe la lutte contre la corruption et le rapatriement des fonds dans l’agenda diplomatique algérien, un chantier engagé depuis plusieurs années et dont les résultats concrets restent scrutés par l’opinion publique nationale.

Migration et sécurité

Sur le registre sécuritaire, les deux dirigeants ont évoqué, selon les mots du président Tebboune, « les idées de nature à garantir la coordination dans la lutte contre la migration irrégulière, la traite des êtres humains et la criminalité organisée transfrontalière », ainsi que « les moyens de faciliter la circulation des personnes ». Pedro Sánchez a de son côté confirmé la volonté de bâtir, avant la réunion de haut niveau d’octobre, des avancées concrètes en matière de « sécurité, de lutte contre la migration irrégulière et d’échanges culturels ». La question migratoire, sensible pour Madrid comme pour l’ensemble de l’Union européenne, s’inscrit ici dans une logique de coopération plutôt que de pression, un registre qu’Alger tient à préserver face à des partenaires européens parfois enclins à instrumentaliser ce dossier.

Au-delà du bilatéral, la déclaration conjointe a révélé une large convergence de vues sur les dossiers régionaux et internationaux. Le président Tebboune a indiqué que les entretiens ont porté sur « l’évolution de la situation au Moyen-Orient et les tensions croissantes dans la région du Golfe, avec leurs répercussions sur la sécurité alimentaire et énergétique mondiale ». Il a réaffirmé, dans des termes constants de la diplomatie algérienne, « la position de l’Algérie en faveur d’une solution politique et pacifique, conformément aux règles du droit international », ajoutant : « Nous appelons à la reprise des négociations et à privilégier le langage du dialogue, de même que nous affirmons que toute solution doit prendre en considération les intérêts vitaux des Etats arabes. »

Sur la Palestine, dossier cardinal de la diplomatie algérienne, le Président Tebboune a salué la posture de Madrid. « J’ai exprimé à Monsieur le président du Gouvernement notre considération et notre satisfaction de la position honorable du Gouvernement espagnol à l’égard de cette cause juste », at-il indiqué Les deux hommes ont également abordé le Sahara occidental, le Sahel et la Libye, le président de la République insistant sur le fait que « nous sommes convenus de poursuivre le dialogue et la concertation, et de la nécessité de soutenir les efforts onusiens et les efforts multilatéraux afin de privilégier les solutions pacifiques à ces crises et conflits, conformément au droit international et aux droits garantis par la Charte des Nations unies ».

L’Algérie, « porte vers l’Afrique », l’Espagne, « porte vers l’Europe »

C’est peut-être sur le terrain géostratégique que Pedro Sánchez a livré la formule la plus significative de son passage à Alger, résumant la doctrine espagnole vis-à-vis de son voisin du Sud. Il a affirmé que « l’Algérie est un partenaire clé pour l’Espagne, de par sa position géographique, sa dimension africaine et méditerranéenne, mais aussi par son poids extraordinaire géostratégique. » Il a filé la métaphore en présentant les deux pays comme les maillons d’un même pont,  l’Algérie, « une porte vers l’Afrique » jouant « un rôle important dans la stabilisation du Sahel », l’Espagne, « une porte vers l’Europe ». Le chef du gouvernement espagnol est allé plus loin sur le terrain économique, qualifiant l’Algérie de « partenaire fiable » et assurant que « l’Algérie peut compter sur l’Espagne », dans la continuité d’une relation qu’il souhaite « étroite ».

Sur le plan économique et industriel, Sánchez a également remercié le président Tebboune d’avoir fait de l’Espagne l’invitée d’honneur de la prochaine Foire internationale d’Alger, exprimant le souhait de « bâtir une coopération et un partenariat mutuellement bénéfiques » et d’« accompagner l’Algérie dans son processus de modernisation et de projection de son secteur industriel », une offre qui rejoint l’ambition affichée par Alger de diversifier son économie au-delà des hydrocarbures.

Au terme de cette journée dense, marquée par un tête-à-tête, des entretiens élargis et une déclaration conjointe à la presse, Pedro Sánchez a quitté Alger en fin d’après-midi, salué à l’aéroport Houari-Boumediene par le même dispositif protocolaire qui l’avait accueilli le matin.

Salim Amokrane

Le président de la République reçoit des chefs d’entreprises espagnoles

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, lundi au siège de la Présidence de la République, des chefs d’entreprises espagnoles activant dans plusieurs secteurs. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite de travail et d’amitié effectuée par le président du Gouvernement d’Espagne, M. Pedro Sanchez, en Algérie. La rencontre s’est déroulée en présence du Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, du ministre d’Etat, chargé de l’Inspection générale des services de l’Etat et des Collectivités locales, M. Brahim Merad, du ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, M. Mohamed Arkab et de l’ambassadeur d’Algérie auprès du Royaume d’Espagne, M. Abdelfettah Daghmoum. Elle a permis d’évoquer le renforcement des perspectives de partenariat entre les entreprises algériennes et leurs homologues espagnoles. A cette occasion, les chefs d’entreprises espagnoles ont manifesté leur intérêt pour les opportunités d’investissement prometteuses offertes en Algérie.

APS

Le président de la République félicite le Gouvernement et le peuple espagnols pour le sacre de leur sélection nationale à la Coupe du monde de football

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a félicité, lundi, le Gouvernement et le peuple espagnols à l’occasion du sacre de leur sélection nationale à la Coupe du monde de football 2026, après sa victoire, dimanche, face à l’Argentine. « Je félicite le président du Gouvernement, le Gouvernement espagnol et le peuple espagnol ami pour le sacre mérité de leur sélection nationale de football, qui a remporté dimanche la Coupe du monde et décroché sa deuxième étoile », a indiqué le président de la République à l’entame d’une déclaration conjointe à la presse avec le président du Gouvernement d’Espagne, Pedro Sanchez, en visite de travail et d’amitié en Algérie.
« Je pense que la victoire était pleinement méritée, au regard du niveau atteint par l’élite sportive espagnole », a-t-il ajouté.

APS

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