Culture

La cinémathèque de l’Aurès crée un club cinéma pour les 8-14 ans : Inculquer l’amour du cinéma aux plus jeunes

Après le succès de ses séances jeune public, le musée du cinéma installe une structure d’éducation à l’image encadrée par des spécialistes. Ce n’est pas anodin : une cinémathèque de wilaya qui décide, de sa propre initiative, de créer un club cinéma pour enfants. La démarche est suffisamment rare pour mériter qu’on s’y arrête. Le musée du cinéma, logé dans les murs de la salle de l’Aurès au centre de Batna, vient de franchir ce pas. Son directeur, Saber Bouzid, l’a annoncé mercredi : le club accueille désormais les enfants de 8 à 14 ans, et il ne s’agit pas d’un simple ciné-club.

La genèse du projet est assez prosaïque — ce qui est souvent le signe que l’initiative tient à quelque chose de réel. Depuis plusieurs années, les séances programmées pour le jeune public attiraient de plus en plus d’enfants. Et après chaque projection, les débats ne s’éteignaient pas. C’est ce «fort engouement» et la «richesse des discussions» qui suivaient régulièrement les séances qui ont conduit la direction à formaliser ce qui se passait déjà naturellement, explique Bouzid. L’institution a suivi son public, en somme, plutôt que l’inverse.

Ce que propose le club va au-delà de la projection. Après chaque film, des ateliers interactifs et des cercles de discussion sont organisés avec les enfants autour, précise le directeur, «du contenu de l’histoire, des personnages et des valeurs» que l’œuvre met en jeu. Des spécialistes encadrent ces séances. L’objectif affiché : enseigner «les rudiments du langage de l’image», amener l’enfant «à exprimer son avis» de façon structurée. C’est ce que les milieux pédagogiques appellent l’éducation à l’image — une priorité régulièrement proclamée en Algérie, mais rarement traduite en pratique hors du cadre scolaire.

La cinémathèque de l’Aurès n’en est pas à son coup d’essai dans ce domaine. Elle avait lancé, quelques années auparavant, un club cinéma pour adultes qui «a suscité l’approbation du public» des amateurs du septième art et «connaît encore un grand engouement de la part de ses adhérents», selon Bouzid. Ce club fonctionne toujours. C’est visiblement lui qui a fourni le modèle — et la preuve que le format tient — pour l’initiative destinée au public plus jeune.

La salle a elle-même une trajectoire singulière. Construite au tout début des années 1960, la cinémathèque de l’Aurès a traversé une longue période de fermeture avant d’être rouverte en 2015, au terme d’importants travaux de restauration et de réaménagement. Elle «enregistre actuellement, tout au long de l’année, une fréquentation notable de la part des amateurs de cinéma», selon la direction. Pour une salle de ce type en Algérie, ce n’est pas un acquis : beaucoup d’établissements similaires ont décliné ou fermé depuis les années 1990. Les modalités pratiques du club enfants — programmation, calendrier, conditions d’inscription — n’ont pas encore été précisées. Ce qui est certain, c’est que l’intention est là.

M.S.

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