Liban : L’OMS documente 44 attaques sionistes contre les hôpitaux
Les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé sont sans ambiguïté. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 16 avril, 44 attaques sionistes ont frappé des structures de santé au Liban, tuant 30 personnes et en blessant 101 autres. En trois mois, l’OMS a vérifié près de 190 incidents de ce type. Bilan : 128 professionnels de santé tués, 332 blessés.
C’est Sour qui concentre aujourd’hui le pire. Le Dr Abdinasir Abubakar, représentant de l’OMS au Liban, l’a dit sans détour mardi lors d’un point de presse à Genève : deux des trois hôpitaux de la ville millénaire sont endommagés. L’hôpital Jabal Amel a essuyé des frappes lundi, faisant au moins 86 blessés dont des soignants. L’hôpital Hiram a été touché dimanche. Le troisième établissement, le seul encore debout, croule sous l’afflux de blessés. La semaine dernière à elle seule a produit onze incidents : quatre morts et vingt-quatre blessés parmi le personnel médical.
Au total, 17 hôpitaux sont partiellement hors service. Trois hôpitaux et 42 centres de soins primaires restent fermés. Dans le sud, les patients mettent jusqu’à 48 heures pour atteindre un établissement de référence. Six hôpitaux ont suspendu leurs services d’obstétrique et se limitent aux urgences. Le Dr Abubakar l’a formulé sans ménagement : « Pour les femmes enceintes et les nouveau-nés, tout retard peut faire la différence entre la vie et la mort. » L’UNFPA estime à 13 500 le nombre de femmes enceintes déplacées, dont 1 500 devant accoucher dans les trente prochains jours. Selon sa représentante au Liban, Anandita Philippos, quinze femmes ont peut-être accouché dans des conditions de déplacement rien que ce mardi. Dans les mêmes zones, jusqu’à 80 % des ménages n’ont pas les moyens de payer les soins, médicaments compris.
Mercredi, six nouvelles personnes ont été tuées dans des frappes sur le secteur d’al-Hoch, près de Sour : quatre Syriens et deux Palestiniens. Depuis le 2 mars, date de la reprise des bombardements, le bilan global s’élève à 3 468 morts et 10 577 blessés sur l’ensemble du territoire libanais.
L’armée libanaise elle-même est visée. Mardi, un drone israélien a frappé un véhicule militaire sur la route Deir Ez-Zahrani–Nabatiyé, blessant un officier et un soldat. Dans un second incident, un militaire a été tué sur la route Nabatiyé–Kfar Tebnit. L’armée libanaise a qualifié ces tirs de « ciblage délibéré » de ses hommes et de ses équipements. Le même jour, une ambulance appartenant à l’association Risala a été touchée par un tir direct : deux secouristes tués, un troisième grièvement blessé. Depuis le 2 mars, au moins 130 secouristes et membres du personnel médical ont été tués selon un bilan officiel. Dans le district de Tebnine, un médecin et cinq employés d’un hôpital public ont été blessés lors de nouvelles frappes qui ont aussi tué un enfant.
Les appels internationaux à protéger les structures de santé n’ont rien changé. L’UNFPA l’a dit explicitement depuis Le Caire : les femmes et les filles « ne doivent pas être négligées » et doivent « rester au cœur de la réponse humanitaire collective ». Philippos a décrit la situation comme une double crise, sanitaire et de protection, qui s’installe dans la durée. Dans les centres d’hébergement où s’entassent quelque 130 000 déplacés, les conditions sanitaires se dégradent de jour en jour. L’entité sioniste continue de frapper, en violation du cessez-le-feu prolongé il y a quelques semaines.
L.S.

