Économie

Fabrication locale de batteries au lithium, d’onduleurs solaires et de cartes électroniques : L’ENIE de Sidi Bel-Abbès voit grand !

Batteries au lithium, onduleurs solaires, cartes électroniques fabriquées localement, systèmes d’irrigation pilotés à distance : l’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE) de Sidi Bel-Abbès engage un virage technologique structuré autour de huit projets de recherche appliquée, menés en partenariat avec l’Agence thématique de recherche en sciences et technologies (ATRST). Son PDG, Abdesselam Bouab, en a détaillé la portée dans une déclaration à l’APS, samedi. Ces projets, sélectionnés et financés par l’ATRST dans le cadre du Programme national de recherche (PNR), ne relèvent pas de la recherche fondamentale. Ils sont conçus pour déboucher directement sur des applications industrielles. M. Bouab les décrit comme « un levier important pour le développement de l’activité de l’entreprise, grâce à l’intégration de solutions technologiques innovantes dans ses processus de production ». L’objectif est d’aller au bout de la chaîne : faire passer l’innovation des laboratoires universitaires jusqu’aux lignes de fabrication, puis vers la commercialisation.

Le périmètre des projets retenus couvre trois axes distincts. Le premier concerne le stockage d’énergie et la mobilité électrique : conception d’un système de mesure et de protection des batteries au lithium, développement de cartes intelligentes de gestion de batteries — les BMS — destinées aux installations photovoltaïques et aux véhicules électriques. Le deuxième axe vise la transition énergétique et les réseaux intelligents, avec la mise au point d’un onduleur pour installations solaires, d’un système automatisé de nettoyage de panneaux photovoltaïques et d’un micro-réseau hybride fonctionnant aux énergies renouvelables. Le troisième, plus discret mais économiquement significatif, porte sur la fabrication locale de composants jusqu’ici importés, notamment des produits chimiques utilisés dans la production de circuits imprimés (PCB). Réduire la facture d’importation des matières premières, dans un secteur aussi dépendant des intrants étrangers que l’électronique, n’est pas un objectif secondaire.

S’y ajoutent deux projets de numérisation : une application mobile de gestion des réseaux d’éclairage public et un système intelligent de pilotage de l’irrigation dans les zones isolées. Des applications concrètes, ancrées dans les besoins du territoire national.

Ces travaux mobilisent un réseau d’établissements universitaires et de centres de recherche à l’échelle nationale — l’université Djillali-Liabès de Sidi Bel-Abbès, l’ESTIN, le CDER, l’UDES, ainsi que les universités de Souk Ahras, El Oued, M’Sila et Mostaganem. Une cartographie qui dit quelque chose sur la manière dont l’ENIE entend construire ses capacités : non pas en silo, mais en s’appuyant sur les compétences académiques dispersées à travers le pays.

Pour M. Bouab, cette coopération avec l’ATRST est « un choix stratégique » pour bâtir « une industrie électronique nationale performante et durable, capable de s’adapter aux exigences de l’industrie 4.0 ». Une formule qui résume assez bien l’ambition : ne plus subir les mutations technologiques, mais les intégrer dans l’outil productif algérien avant qu’elles ne creusent davantage l’écart avec les marchés extérieurs.

Sabrina A.

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