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876 000 candidats ont pris place dans les centres d’examen : Le baccalauréat à l’ère du numérique

Plus de 876 000 candidats ont pris place dimanche matin dans 2 973 centres d’examen à travers le pays pour entamer les épreuves du baccalauréat, session juin 2026. Dix-neuf ans après sa création, l’Office national des examens et concours gère désormais cette opération sans un seul formulaire imprimé. C’est depuis Tizi Ouzou, où il a donné le coup d’envoi officiel au lycée Colonel-Amirouche, que le ministre de l’Éducation nationale, Mohammed Seghir Sadaoui, a annoncé la nouvelle étape franchie : la préparation de l’examen a été conduite intégralement en mode « zéro papier ».

Le constat mérite d’être posé clairement. Toute la chaîne administrative qui précède l’ouverture des plis — inscriptions, affectations, convocations, organisation des centres, recrutement des surveillants — est passée au numérique. Le ministre l’a formulé sans détour : le secteur de l’Éducation nationale « a franchi une étape importante dans l’opération de numérisation ». La préparation du baccalauréat comme celle du concours de recrutement des enseignants ont été menées « selon la politique zéro papier », dans le cadre, a-t-il précisé, de « la stratégie nationale de transformation numérique et de l’interconnexion entre secteurs ».

Sur le terrain, la journée s’est ouverte dans des conditions jugées satisfaisantes. Sadaoui, qui a supervisé l’ouverture des plis contenant le sujet d’arabe en compagnie du wali Aboubakr Esseddik Boucetta, s’est dit confiant : « Notre devoir est de réunir les meilleures conditions à même de permettre aux candidats de passer cet examen dans un climat serein et propice. » Les candidats, a-t-il ajouté, « feront preuve des plus beaux exemples d’assiduité et de discipline à travers l’ensemble du territoire national ».

La fin de la coupure générale d’internet

Sur la question de la sécurité des épreuves, le ministre a apporté une précision qui marque une inflexion par rapport à l’année précédente. Le blocage des réseaux sociaux, qui couvrait en 2025 les centres d’examen et leur environnement immédiat, est désormais restreint aux seuls centres. « Ces mesures évoluent d’année en année », a expliqué Sadaoui, en soulignant ce qu’il considère comme un signe de maturité collective : la disparition des perturbations liées à la diffusion de faux sujets. « L’opération de blocage des réseaux sociaux qui avait englobé, l’année dernière, les centres d’examen et leur environnement se limite cette année uniquement aux centres d’examen », a-t-il dit. La raison avancée tient à « la hausse du niveau de conscience » des candidats et de leurs familles, concrétisée selon lui par « la disparition des perturbations qui affectaient auparavant les réseaux sociaux à la veille de chaque examen, à travers la diffusion de faux sujets qui déstabilisaient les candidats et nuisaient à leur concentration ». Toutes les mesures ont par ailleurs été prises, a-t-il assuré, « pour lutter contre toute tentative de fraude ».

Le confort matériel n’a pas été négligé. Le ministère a veillé à équiper les centres en systèmes de climatisation, « notamment ceux situés dans les régions du Sud », les épreuves se déroulant en pleine période estivale. Des dispositions spécifiques ont également été prises pour les candidats aux besoins particuliers, les candidats malades et ceux qui passent l’examen depuis un établissement pénitentiaire, avec « des mesures adaptées à chaque catégorie ». À Tizi Ouzou, wilaya dans laquelle le ministre a choisi de lancer la session, 21 267 candidats composent cette année, dont 15 758 scolarisés, 5 509 libres et 159 détenus. Sadaoui a salué les résultats du secteur éducatif dans la wilaya, appelant la communauté enseignante à s’inspirer « des modèles pionniers » et à poursuivre les efforts.

La conférence de presse a également abordé plusieurs dossiers en suspens. Sur les programmes scolaires, le ministre a indiqué que le secteur « veille à la qualité des programmes et des connaissances dispensées aux élèves, notamment dans certaines matières nécessitant une actualisation de certains cours », tout en évoquant une orientation vers l’élargissement des activités culturelles et sportives encadrées par des spécialistes. Sur les enseignants contractuels, il a rappelé qu’ils « ont eu l’opportunité de participer au concours de recrutement organisé récemment, avec prise en compte de leur expérience professionnelle ». Quant à la surcharge des classes, il a lié la réponse à l’augmentation annuelle du budget du ministère, dont une part croissante est consacrée au « soutien de l’investissement dans les infrastructures éducatives ».

Sadaoui a enfin lancé un appel aux directions de l’éducation pour qu’elles « concluent des conventions de jumelage entre elles, permettant le partage d’expertises entre les associations de parents d’élèves et la famille éducative ». L’amélioration des résultats, a-t-il dit, est « une mission nationale dont la responsabilité incombe à tous ».

Les épreuves se poursuivent jusqu’à jeudi.

Lyna Larbi

admin

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