Solidarité nationale : 2 741 cadres formés aux marchés publics en deux mois
Entre avril et mai, le ministère de la Solidarité nationale a organisé 97 sessions de formation sur les marchés publics et la gestion des dépenses à travers les wilayas du pays. L’opération a mobilisé près de 250 encadreurs issus de la Cour des comptes, de l’Inspection générale des finances et du Trésor public. Le chiffre donne la mesure de l’effort : 2 741 cadres formés en moins de deux mois, dans 97 sessions tenues dans les directions de l’action sociale et de la solidarité (DASS) à l’échelle nationale. Le programme, conduit du 1er avril au 28 mai 2026, ciblait des directeurs de wilayas, des chefs de service, des inspecteurs, des gestionnaires d’établissements sous tutelle, des économes et des membres des commissions d’ouverture des plis et d’évaluation des offres. Selon le communiqué du ministère, l’initiative a été lancée « en application des orientations de la ministre Soraya Mouloudji, visant à consacrer les principes de gouvernance, de modernisation du service public et de maîtrise idoine des dépenses publiques ». Le texte insiste sur la qualité du dispositif pédagogique, décrit comme relevant d’« une coordination de haut niveau et d’un encadrement par des compétences qualifiées ».
Les formateurs venaient d’horizons variés : magistrats de la Cour des comptes, cadres de l’Inspection générale des finances, agents des services de contrôle budgétaire, du Trésor public, de la Sûreté nationale, mais aussi enseignants d’universités algériennes et responsables de diverses directions de wilaya. Près de 250 encadreurs au total ont animé ces sessions à travers le territoire. La démarche répond à un constat que le ministère ne formule pas explicitement mais qui transparaît entre les lignes : les procédures de passation des marchés publics et de gestion des dépenses restent un point de fragilité dans les structures déconcentrées de l’action sociale. Former les gestionnaires de terrain sur ces règles, c’est réduire les risques de rejet des dossiers, de blocage des opérations d’investissement ou de mise en cause de responsabilités administratives.
Le communiqué formule l’objectif de façon directe : cette démarche « vise à renforcer les capacités des gestionnaires locaux et à assurer le strict respect des procédures administratives et juridiques, ce qui garantit la relance des opérations d’investissement et l’amélioration des services fournis pour une prise en charge idoine des catégories ciblées ».
Le secteur de la solidarité nationale gère un réseau d’établissements dense — centres pour personnes âgées, structures d’accueil pour enfants, centres de rééducation — dont le fonctionnement dépend de la capacité des gestionnaires locaux à engager les dépenses dans les règles. Un dossier mal ficelé ou une procédure mal suivie peut immobiliser une opération de réhabilitation ou retarder un marché de fournitures, avec des conséquences directes sur les bénéficiaires.
L’implication d’institutions de contrôle comme la Cour des comptes et l’IGF dans le volet pédagogique envoie un signal clair aux cadres du secteur : la tolérance pour les irrégularités procédurales est faible, et la formation est aussi une mise en garde.
Malik Meziane
