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Mondial-2026 : Les Verts peaufinent leurs automatismes

La sélection algérienne de football a repris vendredi l’entraînement au Rock Chalk Park de Lawrence, dans le Kansas, à quatre jours de son entrée en lice dans la Coupe du monde 2026 face à l’Argentine, tenante du titre, a indiqué la Fédération algérienne de football (FAF) sur son site officiel.

À quatre jours du coup d’envoi du choc le plus attendu de leur groupe, les Verts ont poursuivi vendredi leur préparation au Rock Chalk Park de Lawrence, sur le campus de l’Université du Kansas. Séance technico-tactique, réglages collectifs, concentration affichée : l’équipe nationale de Vladimir Petkovic peaufine ses derniers automatismes avant d’affronter mercredi l’Argentine, championne du monde en titre, au stade Arrowhead de Kansas City.

L’entraînement du vendredi matin, programmé à partir de 11h00 heure locale, a réuni l’ensemble des joueurs retenus pour la compétition. Au programme, des exercices spécifiques axés sur l’organisation collective et les schémas de jeu, avec une intensité qui tranche avec la légèreté de la veille. Car les Verts ont su s’accorder une vraie parenthèse de détente jeudi, à l’invitation de l’Université du Kansas. Campus immense, installations sportives d’un autre niveau, basket, football américain, baseball : les coéquipiers de Riyad Mahrez ont découvert avec curiosité et bonne humeur ce que l’université la plus sportive du Midwest a à offrir. Certains ont tenté leur chance sur les parquets de la légendaire salle de basketball de l’établissement, d’autres ont essayé quelques rudiments de football américain ou tenu une batte de baseball pour la première fois. Une récupération active, choisie avec soin, qui a permis au groupe de souffler sans jamais vraiment décrocher.

Cette alternance entre travail sérieux et décompression maîtrisée est la marque d’une préparation conduite avec méthode. Et les résultats sont là pour l’illustrer. Mercredi soir, au stade CPKC de Kansas City, l’Algérie a dominé la Bolivie 4-0 dans son dernier match amical avant le Mondial. Une répétition générale réussie, avec un premier but inscrit juste avant la pause par Aïssa Mandi de la tête, puis un véritable festival en seconde période, Amine Gouiri trouvant le chemin des filets à deux reprises en deux minutes et Anis Hadj Moussa ajoutant un quatrième but dans la foulée. Cinq minutes, trois buts, match plié. Avant cela, les Verts avaient décroché un succès de prestige face aux Pays-Bas, le 3 juin à Rotterdam, sur la pelouse du De Kuip. Ce 1-0 contre l’une des grandes nations européennes avait valeur de test grandeur nature et avait dissipé nombre de doutes sur la capacité de cette équipe à exister au plus haut niveau.

Garder la tête froide

Mais c’est un autre contexte qui attend les hommes de Petkovic mercredi. L’Argentine, ce n’est pas la Bolivie ni même les Pays-Bas. C’est Messi, c’est Alvarez, c’est Di María, c’est une équipe qui a remporté la Coupe du monde au Qatar il y a quatre ans et qui reste l’étalon du football mondial. Rabah Madjer, légende vivante du football algérien et ancien sélectionneur national, a tenu à tempérer l’enthousiasme ambiant dans un entretien accordé à Sky News Arabia. L’ancien Ballon d’Or africain a mis en garde contre toute forme d’excès de confiance, en rappelant avec force que les matchs de préparation ne donnent qu’une image partielle de la réalité. « L’Algérie doit jouer avec prudence. Parce qu’avec l’Argentine, les individualités peuvent faire basculer le destin d’un match à tout moment. À n’importe quel instant. N’importe quel joueur. Messi est là, ce sont des joueurs exceptionnels qui évoluent dans de très grands clubs », a-t-il insisté. Et Madjer de citer en exemple ce qui s’est passé au Qatar en 2022, quand cette même Argentine avait été battue dès son entrée en lice par l’Arabie Saoudite avant de remonter la pente et de soulever le trophée. « Où est la logique là-dedans ? Aujourd’hui, l’Argentine va affronter une équipe solide, à savoir l’Algérie, qui a prouvé son niveau face à de très grandes nations. Mais cela ne veut rien dire. Attention au piège, car un match amical ne ressemble en rien à un match officiel », a-t-il conclu, avec la sobriété de ceux qui ont tout vécu.

Le message fort de Mandi

Dans le vestiaire algérien, on semble avoir intégré ce message depuis longtemps. Aïssa Mandi, le plus capé du groupe et son capitaine, l’a dit avant le match contre la Bolivie dans un discours qui a circulé sur les réseaux sociaux et qui a beaucoup résonné. Le défenseur central du LOSC, intégré à l’équipe type de l’Observatoire du Football CIES pour la saison 2025-2026, avait choisi des mots simples et directs. « Il ne reste plus que quelques jours avant le début de la compétition. Depuis que l’on est arrivé, on a travaillé dur pour ça. Mais ce n’est pas du jour au lendemain, ce n’est pas la veille du premier match, que l’on va switcher et se dire que l’on y est à la Coupe du monde. On se prépare à ça depuis le début », avait-il lancé à ses coéquipiers. Et d’insister sur l’essentiel, ce qui fait les équipes solides dans les grandes compétitions. «S’habituer à faire les efforts les uns pour les autres, s’habituer à souffrir tous ensemble. Peu importe le temps de jeu, peu importe les minutes, tout le monde fait les efforts. On reste tous ensemble du début jusqu’à la fin », a-t-il insisté ?

Cette cohésion de groupe, les supporters algériens établis aux États-Unis ont pu la toucher du doigt jeudi, lors de la séance ouverte au public au Rock Chalk Park. Plus de 300 personnes avaient fait le déplacement, familles algériennes de la diaspora, mais aussi familles américaines simplement curieuses de découvrir cette sélection qui fait parler d’elle. Les enfants étaient particulièrement nombreux dans les tribunes. À l’issue de la séance, les joueurs n’ont pas filé vers les vestiaires. Autographes, photos, échanges en arabe, en français, en anglais, les Verts ont pris le temps, beaucoup de temps, de partager ces moments avec ceux qui étaient venus les voir. Ils ont ensuite participé à la campagne « Be Active » lancée par la FIFA en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé, autour de la promotion de l’activité physique chez les enfants. Plus de soixante jeunes ont rejoint les joueurs sur le terrain pour des exercices ludiques et de petits matchs. Un moment de proximité qui a marqué les esprits.

Il reste une ombre au tableau, et elle n’est pas mince : Ramy Bensebaïni. Le défenseur du Borussia Dortmund, qui souffre d’une blessure au pied, n’a pas disputé le match contre la Bolivie et suit toujours des soins en marge du groupe. Sa présence face à l’Argentine reste incertaine, même si son staff écarte pour l’instant tout risque d’absence prolongée au Mondial.

Côté arbitrage, la FIFA a désigné le Polonais Szymon Marciniak pour diriger la rencontre, assisté de ses compatriotes Tomasz Listkiewicz et Adam Kupsik. Un visage connu des supporters algériens, qui retrouveront l’un des arbitres les plus expérimentés du circuit international. L’Australien Campbell-Kirk Kawana-Waugh officiera en tant que quatrième arbitre.

Le rendez-vous est donc fixé. Mercredi 17 juin, 2h00 du matin heure algérienne, stade Arrowhead de Kansas City. L’Algérie, absente du Mondial depuis 2014, retrouve la plus grande scène du football mondial face aux meilleurs. Douze ans d’attente pour en arriver là.

Moncef Dahleb

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