Annaba : L’université Badji Mokhtar dans le top mondial
L’Université Badji Mokhtar d’Annaba (UBMA) vient de signer une double performance qui confirme sa montée en puissance sur la scène universitaire algérienne et internationale. D’un côté, l’établissement intègre pour la première fois le classement U.S. News Best Global Universities 2025-2026. De l’autre, il décroche trois nouveaux projets de recherche dans le cadre du Programme national de recherche (PNR4), portant à sept le nombre total de projets dont il assure désormais le pilotage. Le classement U.S. News, référence mondiale en matière d’évaluation universitaire, passe au crible plus de 2 250 établissements d’enseignement supérieur à travers le monde. L’UBMA y figure parmi les neuf universités algériennes retenues cette année, aux côtés d’un nombre restreint d’institutions nationales jugées suffisamment compétitives pour entrer dans ce classement bâti sur des indicateurs précis : qualité et impact des publications scientifiques, volume des citations académiques, et intensité des collaborations avec des institutions de recherche étrangères.
Pour l’UBMA, cette entrée dans le classement vient confirmer une dynamique déjà perceptible dans ses indicateurs internes. L’établissement enregistre depuis plusieurs années une progression de sa production scientifique, une présence accrue dans les revues internationales et un réseau de partenariats académiques qui s’élargit avec des universités et centres de recherche étrangers.
Trois nouveaux projets de recherche
Cette reconnaissance internationale ne survient pas isolément. Sur le plan national, l’UBMA vient d’obtenir l’approbation de trois nouveaux projets de recherche au titre de l’appel à projets 2025 du Programme national de recherche (PNR4). Ces projets s’inscrivent dans deux axes jugés prioritaires par les pouvoirs publics : la santé du citoyen, pour deux d’entre eux, et la sécurité alimentaire, pour le troisième — un domaine que les autorités considèrent désormais comme central face aux enjeux de souveraineté et de durabilité.
Avec ces trois nouvelles approbations, l’université porte à sept le nombre total de projets inscrits dans le cadre du PNR, dont quatre sont actuellement en phase de réalisation : trois consacrés à la santé publique et un à la sécurité alimentaire. Cette répartition donne une idée assez précise des priorités de recherche développées par les équipes de l’établissement ces dernières années. Le recteur de l’UBMA, Mohamed Manaa, a salué cette performance scientifique, adressant ses félicitations aux porteurs de projets ainsi qu’aux équipes de recherche impliquées. Il a souligné que ces résultats reflètent la qualité du travail académique mené au sein de l’établissement et l’engagement constant des chercheurs dans la production de connaissances utiles et innovantes. Il a également rappelé que l’université algérienne, dans son ensemble, est appelée à jouer un rôle central dans la construction d’une économie fondée sur le savoir, à travers la valorisation de la recherche scientifique, le développement de solutions innovantes et le renforcement des passerelles avec les secteurs socio-économiques.
Les deux annonces, bien que de nature différente, racontent la même histoire : celle d’un établissement qui structure méthodiquement sa recherche autour de problématiques concrètes — santé, alimentation — tout en se donnant les moyens d’être visible et comparable à l’échelle internationale. Les neuf universités algériennes présentes dans le classement U.S. News ne le sont pas par hasard : elles correspondent, pour la plupart, à des établissements qui ont investi ces dernières années dans la structuration de leurs programmes de financement et dans l’orientation de leur recherche vers des applications concrètes plutôt que vers la seule production académique.
C’est précisément ce que documentent les chiffres du PNR4 pour Annaba. Sur les sept projets que porte désormais l’université dans ce cadre, quatre touchent à la santé publique et trois à la sécurité alimentaire — deux secteurs où la demande sociale est directe et où les résultats de la recherche peuvent, en principe, trouver une application rapide.
Au-delà du cas d’Annaba, ces deux annonces s’inscrivent dans un mouvement plus large que connaît l’enseignement supérieur algérien : un nombre croissant d’établissements nationaux apparaissent désormais dans les classements internationaux, et les appels à projets du PNR mobilisent chaque année davantage d’équipes universitaires autour des priorités stratégiques du pays. Pour l’UBMA, cette double actualité représente une étape supplémentaire dans un parcours entamé depuis plusieurs années, qui passe par le renforcement des capacités de recherche, la diversification des partenariats internationaux et l’implication croissante de ses chercheurs dans des problématiques directement liées aux besoins du pays.
Sofia Chahine

