Les partis affinent leurs arguments pour convaincre les électeurs
À deux semaines du scrutin, la campagne électorale pour les législatives du 2 juillet bat son plein à travers le pays, où les responsables des différentes formations politiques ont multiplié, samedi, meetings et activités de proximité pour présenter leurs programmes et appeler les citoyens à se rendre massivement aux urnes.
À Djelfa, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a mis l’accent sur le volet économique de son programme, axé sur « le renforcement du développement durable » et le soutien à des secteurs stratégiques comme l’industrie, l’agriculture et la pêche. Elle a annoncé la création projetée d’un ministère de la Planification, « chargé de définir les priorités de développement à travers l’ensemble du territoire national », tout en réaffirmant l’engagement du PT à préserver les acquis sociaux dans la santé, l’éducation et le logement. La jeunesse a occupé une place centrale dans plusieurs discours. À Mila, le président de Jil Jadid, Lakhdar Amokrane, a estimé que cette frange de la société « représente la plus grande richesse de l’Algérie », plaidant pour davantage de facilités destinées aux jeunes investisseurs et pour la création de lycées agricoles. À Sidi Bel-Abbès, la présidente du parti Tajamou Amel El Djazaïr (TAJ), Fatima-Zohra Zerouati, a décrit le vote du citoyen comme « un contrat de confiance et de partenariat », insistant sur l’autonomisation des jeunes et l’attention due aux catégories vulnérables, tout en saluant le potentiel agricole, industriel et universitaire de sa wilaya. Dans la même ville, le président du Mouvement de la Jeunesse Algérienne (MJA), Brikci Gormat Omar, a appelé à « l’adhésion des citoyens aux institutions de l’État », revendiquant une ligne « centriste fondée sur la modération, le travail et l’unité nationale » et promettant des exonérations fiscales pour redynamiser l’industrie locale, notamment la mécanique et l’électronique.
Le thème de la solidité des institutions a également dominé plusieurs interventions. À Tizi-Ouzou, le premier secrétaire national du FFS, Youcef Aouchiche, a plaidé pour la consolidation de la démocratie participative, jugeant que « l’implication directe des citoyens et le débat d’idées constituent la clé de voûte » d’institutions solides. À Batna, le secrétaire général du Mouvement Ennahda, Mohamed Douibi, a appelé à élire des « candidats compétents » pour une APN capable de remplir ses missions de législation et de contrôle. À Saïda, le président du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), Djamel Benziadi, a rappelé le « rôle central » du Parlement, qu’il a qualifié d’« espace de plaidoyer pour les préoccupations des citoyens ». À Mostaganem, le secrétaire général du Front d’El-Hokm Errached, Aïssa Belhadi, a qualifié le scrutin d’« étape majeure » du processus démocratique national.
Sur le terrain économique, plusieurs responsables ont insisté sur l’investissement et la diversification. À Oran, le secrétaire général du FLN, Abdelkrim Benmbarek, a présenté « une vision intégrée pour une Algérie forte, juste et prospère », fondée sur la sécurité alimentaire et énergétique. Le président du Front El-Moustakbal, Fateh Boutbig, également à Oran, a défendu le renforcement de l’environnement de l’investissement comme « pilier essentiel » d’une économie moins dépendante des hydrocarbures.
D’autres formations ont mis en avant le développement local et la participation. À Relizane, le président du MSP, Abdelali Hassani Cherif, a souligné une responsabilité partagée par toute la classe politique dans le renforcement de la confiance citoyenne ; dans la même wilaya, le président d’El-Fadjr El-Jadid, Tahar Benbaïbeche, a promis des solutions concrètes aux préoccupations des jeunes. À Guelma, le vice-président du Mouvement El Bina, Ahmed Mahmoud Khouna, a lié une forte participation à la poursuite de « l’édification du pays ». À El Tarf, le président du Parti El Wassit Essiyassi, Ahmed Laaroussi Rouibat, a placé le développement équilibré des régions au cœur de son programme, tandis qu’à Biskra, le président du parti El Karama, Mohamed Daoui, a salué les conditions d’une « compétition loyale » et appelé jeunes et femmes à voter massivement. À Constantine, le président de Talaie El-Hourriyet, Reda Benounane, a vanté un « programme prospectif, au service de la nation et des citoyens ». Au-delà de la diversité des sensibilités, un même mot d’ordre traverse cette douzième journée de campagne : appeler les électeurs à choisir, en connaissance de cause, les candidats qui siégeront à la prochaine Assemblée populaire nationale.
Massinissa Raïs

