Le départ du coach des Verts serait bientôt acté : Quel successeur pour Petkovic ?
La Fédération algérienne de football (FAF) s’apprête à acter la fin de mission de Vladimir Petkovic à la tête de l’équipe nationale, deux jours après l’élimination des Verts en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 face à la Suisse (0-2), une sortie précoce qui a déclenché une vague de contestation populaire et relancé les spéculations sur le nom de son successeur.
Les circonstances exactes de la rupture ne font pas encore l’unanimité parmi les différentes informations qui circulent. Selon des informations rapportées par le site TSA et attribuées à une source officielle, un accord à l’amiable aurait été trouvé entre le technicien suisse et l’instance fédérale pour mettre un terme anticipé à son contrat, moyennant le versement de deux mois de salaire. D’autres versions, relayées par plusieurs médias sportifs, évoquent au contraire une démission initiée par le coach lui-même, qui aurait souhaité présenter son bilan du Mondial au bureau fédéral avant d’officialiser son départ à son retour en Algérie. Ce qui semble acquis, en revanche, c’est que le nouveau bail signé début juin dernier, prolongeant Petkovic jusqu’en 2028 avec une revalorisation salariale, n’aura tenu que quelques semaines.
Le bilan au-delà de la rumeur
Au-delà de l’agitation médiatique, les chiffres livrent une lecture plus contrastée du passage de Petkovic sur le banc des Fennecs. Arrivé en février 2024 en remplacement de Djamel Belmadi, dans un contexte de reconstruction après deux participations décevantes à la CAN et une élimination douloureuse des qualifications au Mondial 2022, le technicien suisse avait pour mission de qualifier l’Algérie pour la CAN 2025 avec un parcours jusqu’aux quarts de finale, puis de décrocher une place en Coupe du monde après douze ans d’absence. Ces deux objectifs contractuels ont été formellement remplis. Les Verts ont atteint les quarts de finale de la CAN 2025 avant de chuter face au Nigeria, puis se sont qualifiés pour le Mondial américain. Sur l’ensemble de son passage, l’entraîneur affiche un bilan de 22 victoires, 5 nuls et 5 défaites en 32 rencontres, un total qui contraste avec l’image d’échec généralisé véhiculée depuis l’élimination face à la Suisse. C’est bien la manière, plus que les statistiques globales, qui a cristallisé la colère avec une phase de groupes disputée en dents de scie, avec une lourde défaite contre l’Argentine, une victoire contre la Jordanie et un match nul spectaculaire face à l’Autriche, avant un huitième de finale sans réaction tactique face aux Suisses.
Un entraineur algérien pour la succession
Concernant la succession, plusieurs pistes ont circulé ces dernières heures. Toujours selon TSA, la Fédération aurait d’ores et déjà tranché en faveur d’un profil issu du sérail national, écartant les noms des Français Hervé Renard et Éric Chelle, tous deux évoqués dans la presse comme candidats potentiels. Les quotidien El Moudjahid, Compétition et El Khabar affirment de leur côté que des discussions avancées sont en cours avec l’ancien international Anthar Yahia, figure populaire du football algérien restée dans les mémoires pour son but décisif contre l’Égypte lors du match d’appui de novembre 2009 à Khartoum. Selon cette même source, Yahia disposerait déjà d’une feuille de route et de pistes de recrutement pour reconstruire l’ossature de la sélection. Sa nomination officielle resterait toutefois suspendue au règlement définitif des aspects juridiques et financiers liés à la rupture du contrat de Petkovic.
Quel que soit le nom retenu, la Fédération n’a guère le loisir de temporiser. Les éliminatoires de la CAN 2027, coorganisée par la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya, débuteront dès septembre, avec un premier rendez-vous à couperet face à la Zambie puis au Burundi. Le bureau fédéral, attendu dans les prochains jours pour dresser le bilan officiel de la participation au Mondial, devra donc conjuguer dans l’urgence l’apurement du dossier Petkovic et la nomination d’un successeur capable de relancer une sélection dont le potentiel n’est pas contesté, mais dont le projet de jeu reste, lui, à reconstruire entièrement.
Moncef D.

