Les prévisions tablent sur une récole de 5 millions de tonnes de céréales : Une moisson historique !
Le Gouvernement table sur une récolte céréalière de plus de 50 millions de quintaux, soit plus de 5 millions de tonnes, au titre de la campagne moisson-battage 2025-2026, un objectif communiqué mardi dernier par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, lors d’une réunion de coordination tenue par visioconférence au palais du Gouvernement avec l’ensemble des walis de la République, en application des orientations du président Abdelmadjid Tebboune visant à consolider la sécurité alimentaire nationale.
Ce chiffre, exceptionnel au regard des moyennes des dernières campagnes, place cette année agricole sous le signe d’un défi logistique de grande ampleur pour collecter, transporter et stocker un volume de production que les infrastructures existantes peinent, par endroits, à absorber au rythme voulu. C’est précisément pour anticiper ce goulot d’étranglement que le ministre de l’Intérieur a réuni les représentants de l’État dans les wilayas, leur rappelant que l’opération fait l’objet, selon les termes du communiqué officiel, d’un « suivi particulier » du chef de l’État en raison de son lien direct avec la souveraineté alimentaire du pays. M. Sayoud a insisté sur le fait que l’atteinte de l’objectif des 50 millions de quintaux exige une mobilisation générale et un engagement effectif de tous les intervenants, sous la supervision directe des walis, chargés de garantir une coordination rigoureuse et une prise en charge immédiate des difficultés relevées sur le terrain. Il a ainsi instruit les responsables locaux d’assurer un suivi quotidien des différentes étapes de la campagne, de maintenir une présence permanente sur les sites de récolte, de collecte et de stockage, et de lever sans délai tout obstacle susceptible de ralentir l’opération.
Point central de ce dispositif, l’installation, dans chaque wilaya, de cellules de veille permanentes travaillant en coordination directe avec la cellule nationale de suivi de la campagne, afin de garantir une remontée d’information en temps réel sur l’avancement des travaux et l’actualisation régulière des statistiques de collecte.
La bataille du stockage et du transport
Face à l’ampleur de la récolte annoncée, le ministre a également ordonné la mobilisation intégrale des capacités nationales de stockage, tant publiques que privées, ainsi que la réquisition des moyens logistiques disponibles, camions et véhicules de transport, pour assurer l’évacuation rapide des céréales collectées. Un mécanisme de solidarité inter-wilayas a par ailleurs été mis en place. Les wilayas disposant d’un surplus de capacités de stockage sont ainsi appelées à venir en appui à celles où l’opération se poursuit encore, tandis que le matériel de moisson doit pouvoir être redéployé d’une région à l’autre selon l’avancement des travaux.
Le communiqué souligne enfin l’exigence d’une vigilance renforcée face aux menaces pesant sur les récoltes en cours d’acheminement, feux de champs et aléas climatiques, notamment les pluies orageuses, appelant à une mobilisation maximale des moyens d’intervention jusqu’à l’achèvement complet de la campagne.
Le parc de moissonneuses au cœur des tensions
Cette mobilisation intervient dans un contexte où l’ampleur inédite de la récolte a mis sous tension le parc national de matériel agricole. Plusieurs agriculteurs avaient fait état, ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, d’un déficit de moissonneuses-batteuses disproportionné par rapport au volume de céréales à récolter, avec des risques concrets d’égrenage sous l’effet du vent, de dégâts causés par le bétail, voire d’incendies menaçant des cultures arrivées à maturité et laissées trop longtemps sur pied. Pour répondre à cette urgence, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche avait annoncé, quelques jours plus tôt, le lancement de la plateforme numérique hassad.dz, permettant aux agriculteurs de formuler directement leurs demandes de moissonneuses-batteuses, ainsi que la mobilisation de plus de 1 300 engins supplémentaires par l’Office algérien interprofessionnel des céréales et la société Agrodrive. Des mesures d’accompagnement ont dans la foulée été étendues aux exploitants ne disposant pas de la carte d’agriculteur, désormais autorisés à livrer leur production sur simple déclaration via la plateforme ou auprès des subdivisions agricoles, tandis que les centres de réception des récoltes ont vu leurs horaires élargis, sept jours sur sept, jours fériés compris.
C’est dans le prolongement direct de ces mesures d’urgence que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé mercredi la troisième session du Conseil national de la mécanisation agricole, consacrée à structurer durablement la répartition du parc de moissonneuses-batteuses selon, indique le communiqué des services du Premier ministre, « une méthodologie scientifique et des critères techniques » propres à chaque wilaya. M. Ghrieb a par ailleurs plaidé pour un renforcement de la production nationale d’équipements agricoles, évoquant d’éventuels partenariats avec des industriels internationaux de référence, tout en veillant à préserver un haut niveau d’intégration locale, une orientation dont le financement associera, selon les échanges tenus lors de la réunion, la Trésorerie publique et les établissements bancaires.
Sabrina Aziouez

