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Skikda : La campagne moisson-battage s’annonce prometteuse

Malgré une pluviométrie capricieuse en fin de printemps, la campagne moisson-battage à Skikda affiche des résultats encourageants, avec 33 320 hectares récoltables sur les 34 200 emblavés, soit un taux de perte limité à 3-4 %. Un dispositif mécanique de plus de 5 400 tracteurs et 127 moissonneuses-batteuses privées a été mobilisé pour cette campagne, dont les services agricoles profitent également pour préparer l’avenir de la céréaliculture face au changement climatique, à travers un programme de réhabilitation des variétés locales.

La campagne moisson-battage a véritablement pris son élan à Skikda, où les premières estimations laissent entrevoir une récolte encourageante. Malgré une pluviométrie capricieuse et les aléas météorologiques qui ont marqué la fin du printemps, les superficies récoltables atteignent 33 320 hectares sur les 34 200 hectares emblavés cette saison, soit un taux de perte limité à seulement 3 à 4 %. « Ces résultats demeurent très satisfaisants au regard des conditions climatiques de cette année », a confié une source proche des services agricoles, tout en rappelant que la campagne n’en est encore qu’à une étape décisive et que les prochaines semaines permettront d’affiner définitivement le bilan. Comme les années précédentes, le blé dur confirme son statut de culture dominante dans la wilaya. Avec plus de 27 000 hectares cultivés, il représente plus de quatre cinquièmes des superficies céréalières. Le blé tendre, avec un peu plus de 3 100 hectares, ainsi que l’avoine et l’orge, occupent des surfaces plus modestes, témoignant de la place historique qu’occupe le blé dur dans les systèmes de production locaux. Pour mener à bien cette vaste opération de récolte, un impressionnant dispositif mécanique a été mobilisé. Pas moins de 127 moissonneuses-batteuses privées sillonnent déjà les champs, auxquelles s’ajoutent 28 machines de la Coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS), dont 10 réservées au programme de multiplication des semences. Le parc agricole comprend par ailleurs plus de 5 400 tracteurs, 1 157 camions, 1 824 remorques et 367 presses à balles, garantissant une prise en charge rapide des récoltes depuis les parcelles jusqu’aux centres de stockage. « Aucun dysfonctionnement majeur n’a été enregistré jusqu’à présent et les moyens disponibles couvrent largement les besoins de la campagne », a assuré la même source.

Celle-ci a précisé que la logistique de stockage suit le même niveau de préparation. Les 8 centres de collecte de la CCLS, dont la capacité dépasse les 600 000 quintaux, ont déjà réceptionné près de 125 000 quintaux de céréales. Les volumes devraient augmenter progressivement au rythme de l’avancement des travaux de récolte, a-t-elle ajouté.

Mais au-delà des performances attendues cette année, les services agricoles regardent déjà vers l’avenir. Face aux effets du changement climatique et à l’adaptation parfois insuffisante des semences importées, un programme de réhabilitation des anciennes variétés locales est conduit avec la Banque nationale des gènes. Ces variétés traditionnelles, reconnues pour leur résistance à la sécheresse et leur parfaite adaptation aux terroirs algériens, en sont actuellement à leur deuxième génération de multiplication. Elles font l’objet d’analyses rigoureuses en laboratoire avant une éventuelle diffusion à plus grande échelle, ont expliqué les mêmes sources. L’objectif est de renforcer progressivement l’autonomie semencière nationale et de sécuriser durablement la production céréalière, a-t-on ajouté.

Pour ce qui est de la protection des récoltes, et selon nos sources, elle constitue également un axe majeur de cette campagne. Des citernes d’eau sont prépositionnées à proximité des champs afin d’intervenir sans délai en cas d’incendie, tandis qu’une campagne de sensibilisation encourage les agriculteurs à aménager des bandes coupe-feu le long des routes pour limiter les risques liés aux mégots de cigarettes. À cette stratégie préventive s’ajoute un important volet de formation. Les conducteurs d’engins agricoles ont bénéficié d’un cycle certifiant destiné à améliorer la sécurité des opérations de récolte et à optimiser les performances des équipements.

Sofia Chahine

admin

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