22 partis représentés à l’APN à l’issue des législatives : Une carte politique recomposée
Les résultats provisoires des élections législatives du 2 juillet 2026, dévoilés lundi par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), dessinent une Assemblée populaire nationale sensiblement recomposée par rapport à la législature sortante, marquée par le recul du parti du Front de libération nationale (FLN), l’effondrement des listes indépendantes, une percée du RND et un retour des principaux partis de l’opposition.
Présentant ces résultats lors d’une conférence de presse tenue au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, à Alger, le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfane, a indiqué que le FLN conserve la première place au sein du futur hémicycle, mais avec un score en net repli, passant de 98 sièges lors de la précédente législature à 90 sièges seulement. Le Rassemblement national démocratique (RND) se hisse quant à lui à la deuxième position avec 73 sièges, réalisant une percée notable par rapport aux législatives de 2021, où il n’avait obtenu que 58 sièges, confirmant ainsi une dynamique ascendante pour cette formation d’une échéance à l’autre. Le Front El Moustakbal, dirigé par Fateh Boutbig, qui réalise aussi une percée en s’installant à la troisième place avec 59 sièges contre 48 auparavant, devançant ainsi deux formations traditionnellement bien implantées, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), crédité de seulement 43 sièges, et le Mouvement El-Bina, qui obtient 38 sièges. Le changement le plus spectaculaire concerne cependant les listes indépendantes, qui constituaient la deuxième force de l’Assemblée sortante avec 84 sièges et qui se retrouvent aujourd’hui réduites à 32 sièges seulement, un recul qui illustre à lui seul l’ampleur de la recomposition intervenue au sein de la nouvelle chambre basse du Parlement. Plusieurs formations de l’opposition font leur retour dans l’Hémicycle, à l’image du Front des forces socialistes (FFS), qui décroche 12 sièges, du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), et et le Front de la justice et du développement (FJD) du avec 4 sièges, du parti des Travailleurs et du parti Jil Jadid, qui obtiennent chacun 3 sièges. Le Parti Taj obtient lui aussi 3 sièges. Le parti de l’Union nationale pour le développement (UND) et le Mouvement « Ennahda » ont décroché 2 sièges chacun. Le parti du Renouveau algérien (PRA), l’Alliance Républicaine (AR), le Front de l’Algérie nouvelle (FAN), le Front de la Bonne gouvernance (FBG) et le Front des citoyens libres (FCL) ont obtenu un siège chacun. Six formations politiques seulement sont parvenues à réunir les 15 sièges nécessaires, en vertu de l’article 65 du règlement intérieur de l’Assemblée, pour constituer un groupe parlementaire, en l’occurrence le FLN, le RND, le Front El Moustakbal, le MSP, El-Bina, ainsi que les listes indépendantes réunies au sein du groupe des Libres, aux côtés du parti Sawt Echaab.
Élévation du niveau académique et recul de la représentation féminine
Sur le plan du profil des nouveaux élus, l’ANIE a également relevé une élévation sensible du niveau académique des 407 députés, puisque 312 d’entre eux sont titulaires d’un diplôme universitaire. La représentation féminine enregistre en revanche un net recul, avec seulement 32 sièges obtenus par des candidates, un niveau parmi les plus bas de ces dernières années, en dépit des dispositifs mis en place par les autorités pour encourager l’engagement des femmes dans la vie politique et parlementaire.
Sur le plan de la participation, le scrutin a été marqué par un taux de 21,24% à l’intérieur du pays et de 10,75% au sein de la communauté nationale établie à l’étranger, selon les chiffres communiqués par M. Khelfane, qui a précisé qu’aucune réserve n’avait été consignée dans les procès-verbaux de centralisation des résultats.
Si cette nouvelle configuration introduit incontestablement davantage de diversité au sein de l’hémicycle, avec pas moins de 22 partis représentés et le retour de sensibilités politiques variées, elle ne devrait cependant pas se traduire par un bouleversement sur le plan institutionnel. Le FLN et le RND, formations historiquement associées à la majorité présidentielle, conservent en effet à eux seuls 163 sièges, un socle qui, complété par les apports du Front El Moustakbal, d’El-Bina et d’autres partis alliés traditionnellement à cette majorité, permet de reconduire une majorité parlementaire acquise aux orientations du président de la République. Cette continuité de la majorité présidentielle laisse ainsi présager la nomination prochaine, conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur, d’un Premier ministre à la tête de l’Exécutif, et non d’un chef du gouvernement, une distinction qui reflète le maintien de l’architecture institutionnelle mise en place depuis la révision constitutionnelle de 2020.
En somme, cette nouvelle législature s’annonce à la fois plus plurielle dans sa composition et pleinement inscrite dans la continuité sur le plan de la gouvernance, la diversité retrouvée au sein de l’Assemblée populaire nationale étant appelée à enrichir les débats parlementaires sans pour autant modifier les grands équilibres qui structurent le fonctionnement des institutions du pays.
Hocine Fadheli

