Washington salue une relation algéro-américaine en pleine consolidation
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a salué lundi les « progrès notables » enregistrés par les relations bilatérales entre Washington et Alger dans les domaines économique, culturel et sécuritaire, à l’occasion du 64e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, célébré le 5 juillet 1962, une déclaration qui vient confirmer la dynamique de rapprochement observée entre les deux capitales depuis plusieurs mois.
Dans un message de félicitations publié sur le site officiel de l’ambassade américaine à Alger, le chef de la diplomatie américaine a indiqué qu' »au nom des Etats-Unis d’Amérique, j’adresse mes chaleureuses félicitations au gouvernement et au peuple d’Algérie à l’occasion de sa fête nationale, la 64e ». Il a ajouté que « nos relations bilatérales ont connu, au cours de l’année écoulée, des progrès notables dans les domaines économique, culturel et sécuritaire », précisant que Washington « attend avec intérêt de renforcer notre coopération et de réaliser davantage de prospérité pour nos deux pays ».
Ce message intervient au terme d’une séquence particulièrement dense sur le plan diplomatique entre les deux pays. Depuis le début de l’année, plusieurs visites de responsables américains de haut rang se sont succédées à Alger, à l’image de celle du numéro deux du département d’Etat, Christopher Landau, accompagné du commandant de l’Africom, le général Dagvin Anderson, reçus en avril par le président Abdelmadjid Tebboune. Les entretiens avaient alors porté sur le renforcement du dialogue stratégique et la consolidation du partenariat dans des secteurs jugés prioritaires par les deux parties, dont l’énergie, l’investissement, l’agriculture, le transport aérien et l’enseignement supérieur. Le conseiller principal pour les affaires arabes et africaines à la Maison-Blanche, Massad Boulos, s’était également rendu à plusieurs reprises en Algérie, insistant sur « la solidité des relations américano-algériennes » et sur l’engagement commun des deux pays à bâtir un avenir plus prospère pour la région.
Sur le plan militaire, la coopération bilatérale s’appuie désormais sur le mémorandum d’entente signé en janvier 2025, dont la mise en œuvre a été récemment évoquée par le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général de corps d’armée Saïd Chanegriha, qui a réaffirmé à cette occasion l’attachement de l’Algérie au principe de non-alignement et à sa souveraineté décisionnelle. Sur le registre économique, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 3,5 milliards de dollars en 2025, une dynamique portée notamment par les discussions engagées avec les groupes pétroliers américains ExxonMobil et Chevron autour des hydrocarbures non conventionnels, ainsi que par l’intérêt croissant de Washington pour les minerais stratégiques algériens, à l’image du lithium, du cobalt et des terres rares. Des échanges également marqués par consolidation de la coopération dans le domaine agricole, notamment dans le sillage du projet de ferme géante Baladna et le projet d’importation de 30.000 vache de race Holstein de neuf états américains.
Cette convergence d’intérêts, conjuguée à la présence désormais confirmée de plus de 120 entreprises américaines sur le marché algérien, illustre la volonté des deux parties de faire évoluer une relation longtemps centrée sur le seul volet sécuritaire vers un partenariat plus global, englobant l’économie, l’investissement et l’innovation, dans un contexte régional en pleine recomposition où l’Algérie continue de s’affirmer comme un interlocuteur incontournable pour Washington en Afrique du Nord.
Salim Amokrane

