Cessez-le-feu Iran-États-Unis : La diplomatie tente de reprendre pied malgré l’escalade
Téhéran dénonce des sanctions américaines qu’elle juge contraires au mémorandum du 17 juin.
Un nouvel accès de tension entre Téhéran et Washington a relancé, ce week-end, les incertitudes autour du cessez-le-feu conclu le 17 juin dernier entre l’Iran et les États-Unis, malgré les efforts de médiation déployés par le Qatar, Oman et le Pakistan pour préserver les acquis d’un accord censé mettre un terme définitif au conflit déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre la République islamique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répondu samedi aux propos du président américain Donald Trump en assurant que l’Iran avait respecté ses engagements. « Jusqu’à présent, l’Iran a tenu parole », a-t-il écrit sur X, ajoutant que « le seul chemin possible est le respect mutuel des engagements par les deux parties ». Le chef de la diplomatie iranienne a par ailleurs accusé le secrétaire américain au Trésor de violer l’article 9 du mémorandum d’accord, qui stipule que Washington s’abstiendra d’imposer de nouvelles sanctions et de déployer des renforts militaires supplémentaires dans la région en attendant la conclusion d’un accord définitif. Cette dénonciation fait suite au rétablissement, par le Trésor américain, de sanctions économiques visant le pétrole iranien, des mesures qui avaient été suspendues dans le cadre du mémorandum signé à la mi-juin.
Ces déclarations interviennent après les affrontements les plus intenses observés depuis la signature de l’accord-cadre, les deux camps ayant échangé, depuis mardi, une série de frappes. Le Commandement central américain (CENTCOM) a fait état d’environ 170 cibles visées en deux jours, présentées comme des systèmes de défense antiaérienne et des objectifs militaires iraniens, avec l’objectif déclaré de limiter la capacité de Téhéran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz. En retour, l’Iran a revendiqué des frappes contre des installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït, ainsi que, selon Doha, contre un navire qatari transitant par le détroit, un incident que les autorités qataries ont qualifié d’atteinte à la sécurité maritime internationale et pour lequel elles ont annoncé tenir Téhéran responsable, ce que l’Iran a rejeté.
Trump évoque la fin du cessez-le-feu, puis de nouvelles discussions
Donald Trump a réaffirmé vendredi que le cessez-le-feu était, selon ses termes, terminé, tout en indiquant avoir accepté la reprise de discussions avec l’Iran à la demande de Téhéran. « Nous avons accepté de le faire, mais les États-Unis leur ont fait savoir, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu est terminé », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. La partie iranienne a toutefois contesté cette version des faits. La télévision d’État a indiqué que Téhéran n’avait pas sollicité de pourparlers directs avec Washington, mais avait accepté l’accueil d’une médiation qatarie. Selon une source proche du dossier citée par Reuters, des négociateurs qataris ont rencontré des responsables iraniens vendredi afin de désamorcer les tensions et d’aborder la question du détroit d’Ormuz.
Le président américain a par ailleurs mis en garde Téhéran contre toute tentative visant sa personne, affirmant que Washington répondrait par une frappe massive en cas d’attentat contre lui. Sur Truth Social, il a évoqué « 1 000 missiles » prêts à être tirés vers la République islamique, suivis « immédiatement » de milliers d’autres, si un tel scénario venait à se concrétiser.
Une médiation régionale toujours à l’œuvre
Plusieurs capitales continuent d’œuvrer à la préservation du dialogue. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a évoqué par téléphone avec le président iranien Massoud Pezeshkian la nécessité de poursuivre les efforts politiques et la retenue de toutes les parties afin de consolider le cessez-le-feu et d’ouvrir la voie à une paix durable, réaffirmant la disponibilité d’Islamabad à accompagner ce processus. Selon l’agence iranienne IRNA, Abbas Araghchi devait par ailleurs se rendre samedi à Oman pour des discussions consacrées à la situation dans le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial de pétrole et de gaz que l’Iran avait de facto fermée au début du conflit, provoquant une flambée des cours de l’énergie.
Le mémorandum du 17 juin prévoyait la levée du blocus naval américain visant l’Iran en échange de la réouverture du détroit par Téhéran et de la réaffirmation par la République islamique de son intention de ne pas se doter de l’arme nucléaire, les deux parties disposant d’un délai de soixante jours pour parvenir à un accord définitif. C’est ce cadre que les récents échanges de tirs et les nouvelles sanctions américaines font aujourd’hui vaciller, alors que les capitales médiatrices , Doha, Mascate et Islamabad, tentent de maintenir ouvert un canal de dialogue entre deux pays dont les postures publiques demeurent, pour l’heure, difficilement conciliables.
Lyes Saïdi
Agression contre la Liban
Des frappes sionistes ciblent plusieurs villages du sud du pays
Des avions de combat de l’armée sioniste ont lancé, samedi, une série de frappes aériennes sur plusieurs villages du sud du Liban, a rapporté l’agence de presse libanaise ANI. L’aviation sioniste a lancé trois missiles ayant visé le quartier d’Al-Mashaa dans le village d’Al-Mansouri, dans le district de Tyr, souligne l’ANI qui a également précisé que le village a été visé par deux autres missiles qui ont touché un certain nombre de quartiers résidentiels. Par ailleurs, l’armée sioniste a poursuivi ses attaques en ciblant plusieurs maisons dans le village de Houla, dans le district de Marjeyoun, tandis qu’un drone a lancé un missile contre le village de Kfar Tebnit, ajoute la même source. Dans le district de Tyr également, un drone des forces sionistes a attaqué le village de Majdal Zoun. Le bilan des victimes de l’agression sioniste contre le Liban s’est alourdi à 4.321 martyrs et 12.204 blessés, selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.
APS

