La DGSN muscle son dispositif face aux cybermenaces
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé lundi à l’Ecole supérieure de Police « Ali-Tounsi » d’Alger l’ouverture d’une journée d’étude consacrée aux dispositions de la loi relative à la protection des personnes physiques en matière de traitement des données à caractère personnel et à leur impact sur le travail sécuritaire, organisée par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).
Cette rencontre a réuni les différents secteurs et organismes concernés autour d’assises scientifiques et d’interventions spécialisées portant sur les aspects juridiques, réglementaires et pratiques de la loi 18-07. L’objectif affiché est de formuler des recommandations pratiques en vue d’élaborer un guide d’orientation unifié encadrant les procédures dans les volets administratif, sécuritaire et judiciaire. Dans son allocution, M. Badaoui a affirmé que cette journée d’étude constitue « une étape charnière traduisant l’engagement effectif et résolu de la DGSN dans le processus de mise en conformité avec les dispositions de la loi 18-07 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel ».
Le DGSN a annoncé la volonté de « créer la fonction de délégué à la protection des données à caractère personnel, un mécanisme central et une garantie juridique majeure chargé de contrôler la régularité du traitement de ces données et à leur conformité aux exigences législatives en vigueur ». Dans ce sillage, un service central de la gouvernance des systèmes d’information et de la protection des données a d’ores et déjà été créé, présenté comme « instrument garant de la conformité institutionnelle et superviseur direct de l’adaptation des actions policières et administratives aux normes juridiques modernes, de manière à assurer la sécurité juridique et à consacrer la souveraineté numérique de l’Etat ».
Concilier sécurité et droits individuels
M. Badaoui a mis en lumière l’équation délicate à laquelle sont confrontés les enquêteurs de terrain. « Le véritable défi auquel sont confrontés aujourd’hui les services de la DGSN et les enquêteurs sur le terrain consiste à concilier entre les impératifs de la lutte contre la criminalité et la sécurisation des biens et de la confidentialité des enquêtes, d’une part, et entre la préservation des droits des individus et la protection de leurs données personnelles, d’autre part », a-t-il indiqué. Pour lui, « la performance sécuritaire professionnelle ne saurait être pleinement accomplie que si elle est juridiquement protégée ». Le DGSN a par ailleurs souligné que son institution « agit dans un cadre de coordination de haut niveau consacrant la complémentarité entre les institutions de l’Etat », en coopération avec l’ANPDP et l’ASSI, « à prémunir l’espace numérique sécuritaire contre les menaces et les cyberattaques transfrontalières ». Un exposé a enfin mis en avant les efforts de mise en conformité déployés par la DGSN, articulés notamment autour du « recours à un noyau regroupant une élite de cadres hautement qualifiés, soumis à un programme de formation continue visant à adapter les savoir-faire nationaux aux meilleures pratiques mondiales en matière de gestion de la confidentialité des données et de sécurité de l’information ».
Hocine Fadheli

