Dorsale transsaharienne à fibre optique : L’Algérie consolide son statut de hub numérique régional
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a présidé lundi les travaux de la réunion du Comité de liaison de la Dorsale transsaharienne à fibre optique (CLDT), en présence des représentants des pays partenaires du projet et des responsables des organismes et institutions nationales concernés, une rencontre destinée à évaluer l’état d’avancement de ce projet stratégique et à renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes. M. Zerrouki a souligné que cette session a constitué « une étape importante pour évaluer l’état d’avancement de la réalisation de ce projet stratégique, examiner les aspects techniques et organisationnels y afférents, ainsi que les moyens de renforcer la coordination et la coopération entre les différentes parties prenantes afin d’atteindre ses objectifs dans les meilleures conditions ». Le ministre a insisté sur le fait que la dorsale transsaharienne constitue « l’un des principaux projets d’interconnexion numérique du continent africain », grâce à une infrastructure moderne permettant d’améliorer les services de télécommunications et de renforcer les flux de données entre les pays concernés. Il a également affirmé que ce chantier « incarne l’esprit de coopération et de solidarité entre les pays africains et reflète la volonté commune de bâtir un espace numérique intégré, capable de réduire la fracture numérique et de renforcer l’intégration régionale », réitérant l’engagement de l’Algérie à soutenir les initiatives de développement des infrastructures numériques sur le continent. La réunion a mis l’accent sur « la nécessité de poursuivre les efforts conjoints, afin d’assurer le parachèvement des différentes phases du projet et d’optimiser sa contribution au renforcement de l’interconnexion numérique et du développement durable dans la région ».
Sur le terrain, l’Algérie a achevé son tronçon national, avec près de 2 600 km de fibre optique reliant Alger à In Guezzam, à la frontière avec le Niger, complétés par une extension jusqu’à la wilaya de Tindouf, à la frontière mauritanienne. Ce chantier, inscrit dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) de l’Union africaine, relie six pays : l’Algérie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Mali et la Mauritanie. Le projet global, cofinancé par l’Union européenne et la Banque africaine de développement, ambitionne de faire de l’Algérie un hub régional de connectivité numérique et de réduire les déséquilibres de développement entre les pays africains partenaires.
Un maillon d’une stratégie d’intégration continentale plus vaste
Cette dynamique numérique s’inscrit sur le même tracé sud-saharien que deux autres méga-projets structurants portés par Alger. D’abord, le gazoduc transsaharien (TSGP), dont les travaux du tronçon algérien ont été officiellement lancés le 4 juin dernier à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, en présence des ministres de l’Énergie d’Algérie, du Niger et du Nigeria. Long de 4 128 km, ce pipeline doit acheminer entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Nigeria jusqu’à l’Algérie, via le Niger, avant exportation vers l’Europe. Ensuite la Route transsaharienne dont le tronçon algérien est achevé. Et enfin, la future ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, qualifiée par le président Abdelmadjid Tebboune de « projet du siècle » et dont le lancement des travaux est fixé à septembre 2026. Longue de plus de 2 400 km, elle traversera Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa et In Salah pour rallier l’extrême sud du pays, avec une mise en service prévue fin 2028 et un premier tronçon Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa financé notamment par un prêt de la Banque africaine de développement.
Fibre optique, gaz, route et rail dessinent ainsi un même corridor stratégique nord-sud, à travers lequel l’Algérie entend consolider sa position de plateforme d’interconnexion entre l’Afrique subsaharienne, le Maghreb et les marchés internationaux.
Samir Benisid

