Pétrole : Les cours s’envolent dans le sillage des frappes au Moyen-Orient
Les cours du pétrole ont poursuivi, vendredi, leur envolée, portés par l’intensification du conflit au Moyen-Orient, où des infrastructures civiles ont été ciblées par de nouvelles frappes des deux camps. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a bondi de 4,60 % à 88,10 dollars, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, a progressé de 4,48 % à 82,49 dollars. « Aucun signe fort n’indique que la correction haussière des prix soit terminée », a souligné David Morrison, analyste chez Trade Nation, cité par les agences.
A l’origine de cette flambée, la poursuite des bombardements américains contre l’Iran, pour un sixième jour consécutif, auxquels Téhéran a répliqué en visant des pays du Golfe alliés de Washington. L’armée américaine affirme avoir frappé « des dizaines de cibles militaires iraniennes », tandis que l’Iran a fait état de dégâts sur son réseau électrique dans le sud du pays. Au Koweït, une centrale électrique et de dessalement d’eau a été touchée par une attaque iranienne. Avec cette reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, les cours ont grimpé de près de 16 % sur la semaine.
Le marché surveille en particulier le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitaient chaque jour, avant le déclenchement du conflit, 20 % du pétrole et du gaz liquéfié consommés dans le monde. Un navire y a d’ailleurs été touché par un « projectile non identifié » au large d’Oman, a rapporté vendredi l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, tandis qu’un drone a frappé un autre bâtiment au large du port de Bassorah, dans le sud de l’Irak, à proximité d’un terminal pétrolier.
Ces développements auraient pu, selon John Evans, de PVM Energy, pousser les prix du brut « vers les trois chiffres », c’est-à-dire au-delà de 100 dollars. Mais l’analyste tempère car « l’offre de pétrole a fait preuve d’une grande résilience en trouvant son chemin vers les endroits qui en ont besoin, et ce conflit peut être désamorcé à tout moment ». Un recours accru aux réserves stratégiques de brut, ainsi qu’un réacheminement d’une partie des exportations saoudiennes via le détroit de Bab el-Mandeb, au large du Yémen, ont également contribué à modérer la flambée des prix, souligne pour sa part Norman Lebke, de Commerzbank, qui prévient toutefois qu’un regain de tensions entre les rebelles houthis et l’Arabie saoudite pourrait fragiliser cette alternative.
R.E.

