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L’escalade militaire au Moyen-Orient se poursuit : Téhéran dit faire face à une « guerre totale »

Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé lundi que la République islamique d’Iran est engagée dans une « guerre totale » contre les États-Unis, au neuvième jour consécutif de frappes américaines sur le territoire iranien, tandis que le conflit continue de s’étendre à plusieurs pays de la région, touchant tour à tour Bahreïn, le Koweït et l’Arabie saoudite dans le sillage du blocage du détroit d’Ormuz.

« La réalité est qu’aujourd’hui la République islamique d’Iran est engagée dans une guerre totale » contre les États-Unis, a déclaré le chef de l’État iranien, cité par le site de la présidence, mettant également en garde contre les répercussions de cette confrontation sur l’économie du pays. Cette déclaration intervient alors que l’armée américaine a annoncé avoir mené des frappes sur l’Iran pour la neuvième nuit consécutive, visant notamment des centres de commandement et des réseaux de communication. La ville portuaire de Bouchehr, dans le sud-ouest du pays, où se trouve l’unique centrale nucléaire civile iranienne en activité, a de nouveau été la cible de frappes américaines lundi matin, selon l’agence officielle IRNA. Un peu plus tôt, des bombardements avaient également visé la ville de Chiraz, dans le sud du pays, sans faire de victimes selon l’agence ISNA, ainsi qu’une centrale nucléaire en construction à Darkhovin, dimanche, ce qui a conduit Téhéran à demander à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de condamner formellement ces frappes.

Le bilan humain de cette escalade s’alourdit des deux côtés du théâtre d’opérations. Selon l’agence IRNA, au moins une personne a été tuée et plusieurs autres blessées lors de frappes américaines nocturnes dans le nord-ouest de l’Iran, près de Tabriz. Un incendie dont l’origine reste indéterminée a par ailleurs fait six morts lundi dans un immeuble d’habitation de Bandar-e Abbas, sur la rive iranienne du détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence ISNA. De son côté, l’armée américaine a annoncé la mort d’un de ses militaires dans le nord de l’Irak, survenue lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées provenant d’un drone iranien abattu.

Un conflit qui déborde largement

L’ampleur de la confrontation s’est nettement élargie ces derniers jours, débordant du seul cadre irano-américain pour impliquer désormais plusieurs États du Golfe. Le Koweït a fait état lundi d’attaques de missiles et de drones qualifiées d’hostiles par son état-major, qui a précisé que les explosions entendues résultaient de l’interception de ces attaques par ses défenses aériennes. L’agence de presse officielle koweïtienne KUNA a confirmé le déclenchement des sirènes d’alerte aérienne dans l’émirat. Les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué la responsabilité de frappes contre des installations liées à la présence militaire américaine, tant au Koweït, visant selon eux des hangars de la base d’Arifjan associés aux forces spéciales maritimes, qu’à Bahreïn, où ils affirment avoir détruit des infrastructures de stockage de drones à l’aéroport d’Al-Sakhir ainsi que des installations portuaires à Salman, présentant ces actions comme des représailles aux frappes américaines.

Bahreïn, qui abrite la Ve flotte américaine, a été visé à plusieurs reprises ces derniers jours. Le royaume a annoncé avoir intercepté et détruit lundi matin plusieurs attaques aériennes qualifiées de « perfides » par son commandement militaire, dénonçant l’usage délibéré de missiles et de drones contre des civils et des biens privés comme une violation du droit international humanitaire. Les autorités bahreïnies ont également fait état de drones ayant visé les systèmes de navigation aérienne civile du royaume, tout en précisant que le trafic aérien n’en avait pas été affecté. Les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises dans la capitale Manama au cours de la journée.

Le détroit d’Ormuz « ne doit pas être détourné de son usage »

Dans le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour le transport pétrolier mondial, un navire a pris feu après avoir été touché par un « projectile inconnu », selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, qui a précisé que l’équipage avait été évacué sans encombre et que le bâtiment dérivait toujours en flammes, sans impact environnemental signalé à ce stade. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, a averti que le détroit ne devait pas être « à nouveau détourné de son usage premier pour menacer la sécurité et les intérêts nationaux de l’Iran », affirmant la détermination de Téhéran à prendre les mesures nécessaires pour préserver sa souveraineté sur cette voie maritime. Le conflit s’étend également sur le plan économique et maritime. L’armée américaine a annoncé avoir refoulé sept navires marchands et en avoir immobilisé un autre dans le cadre du blocus rétabli le 14 juillet sur les ports iraniens. En parallèle, les rebelles houthistes du Yémen, alliés de Téhéran, ont annoncé un blocus maritime visant l’Arabie saoudite, invoquant le principe de réciprocité après des échanges de tirs survenus la semaine précédente entre les deux camps, illustrant la manière dont le conflit active désormais des lignes de front parallèles.

Une diplomatie discrète malgré l’escalade militaire

Malgré l’intensification des frappes, des canaux diplomatiques resteraient actifs. Téhéran a indiqué que des échanges se poursuivaient avec Washington par l’intermédiaire de médiateurs, le porte-parole de la diplomatie iranienne évoquant des messages reçus sans en préciser le contenu, tout en confirmant que l’appareil diplomatique iranien demeurait actif ces derniers jours. Le Pakistan, le Qatar et Oman sont cités comme impliqués dans ces efforts de médiation entre les deux capitales.

Sur le plan institutionnel, le président américain Donald Trump a formellement notifié le Congrès, le 10 juillet, de la reprise des hostilités contre l’Iran, invoquant sa responsabilité dans la protection des intérêts américains. Cette notification permet à l’exécutif américain de poursuivre ses opérations militaires dans la région sans validation parlementaire pendant une nouvelle période de soixante jours, en vertu de la loi sur les pouvoirs de guerre, le décompte ayant été remis à zéro après que M. Trump eut annoncé, en mai dernier, la fin du précédent cycle de confrontation entamé en février.

Lyes Saïdi

Agression sioniste contre le Liban

4.328 martyrs et 12.229 blessés

Le bilan des victimes de l’agression sioniste contre le Liban s’est alourdi à 4.328 martyrs et 12.229 blessés, a annoncé le ministère libanais de la Santé.

Le Centre des opérations d’urgence sanitaire du ministère libanais de la Santé publique a indiqué dimanche, dans un communiqué, que le bilan global des raids sionistes sur le Liban depuis le 2 mars s’est alourdi à 4.328 martyrs et 12.229 blessés. L’armée sioniste poursuit ses agressions contre le Liban malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu. Sur un autre volet, l’armée libanaise commence à prendre le contrôle de « zones pilotes » dans le sud du pays, selon Washington L’accord visant à obtenir le retrait des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah a été mis à l’épreuve pour la première fois lundi, quand l’armée libanaise a commencé à assurer la sécurité des villages de Froun, Srifa, et Zawtar El-Gharbiyé, dans le sud du pays, a annoncé le département d’Etat américain.

R.I.

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