Ouargla : Une journée pour raviver la mémoire du costume traditionnel
La Chambre de l’Artisanat et des Métiers (CAM) de Ouargla a organisé, lundi, une journée d’information consacrée à l’habit traditionnel local, réunissant en son siège représentants du Tourisme et de la Culture, associations d’artisanat et artisans spécialisés dans la confection vestimentaire traditionnelle. Loin d’être une simple rencontre protocolaire, l’initiative s’inscrit dans une démarche de fond, celle de la sauvegarde d’un pan de l’identité culturelle régionale, à l’heure où nombre de savoir-faire textiles peinent à trouver une relève. Le directeur de la CAM, Allili Mimi, a resitué l’événement dans « le cadre des efforts visant à préserver l’identité nationale et à sauvegarder le patrimoine culturel local », inscrivant ainsi cette journée dans une continuité d’actions plus large que le seul secteur artisanal.
Au-delà de la commémoration, la rencontre poursuit des objectifs concrets. Elle vise, a précisé le responsable, à « ressusciter et préserver le costume traditionnel local », mais aussi à « encourager les artisans à obtenir le label national d’authenticité et de qualité » et à « œuvrer à l’harmonisation des normes relatives au costume traditionnel local ». Un volet s’adresse spécifiquement aux nouvelles générations, la journée devant permettre d' »inciter les jeunes à s’intéresser à ce patrimoine culturel », condition jugée essentielle à la transmission durable de ces techniques. Les chiffres avancés par Allili Mimi témoignent d’une dynamique déjà engagée sur le terrain. La wilaya d’Ouargla a décroché, durant l’année 2025, six labels nationaux d’authenticité et de qualité délivrés par l’Agence nationale de l’artisanat, dont quatre concernent directement la confection de vêtements traditionnels. Une reconnaissance qui vient valoriser un tissu artisanal local particulièrement dense : la CAM de Ouargla recense en effet plus de 5 640 artisans affiliés, répartis entre artisanat d’art, production de matière et services.
Cette journée d’information ne se veut pas un aboutissement mais une étape. Selon Allili Mimi, les échanges seront « sanctionnés de recommandations », qui feront l’objet de futurs ateliers organisés par la Chambre en coordination avec les institutions concernées. L’objectif affiché : mettre en place des « mécanismes concrets pour la promotion et la préservation de l’habit traditionnel local », et donner ainsi à ce patrimoine vestimentaire les moyens de traverser les générations.
M.S.

