La production et les exportations de gaz en hausse
Sur les cinq premiers mois de 2026, la production cumulée atteint 45,841 milliards de m3, contre 43,605 milliards à la même période de 2025, soit une progression de 5%.
La production algérienne de gaz naturel est montée pour 5 mois d’affilée et a atteint 8,342 milliards de mètres cubes en mai dernier, soit 484 millions de plus qu’à la même période de 2025, une progression de 6% confirmée par les chiffres de l’Unité de recherche énergétique de Washington Attaqa. La tendance dure depuis janvier, et elle tombe à point nommé, alors qu’Alger cherche à peser davantage sur un marché européen en quête de nouveaux fournisseurs.
Sur les cinq premiers mois de 2026, la production cumulée atteint 45,841 milliards de m3, contre 43,605 milliards à la même période de 2025, soit une progression de 5%, d’après les chiffres de l’initiative conjointe des organisations de données (JODI). Janvier avait ouvert l’année sur un pic à 10,437 milliards de m3, le meilleur niveau mensuel depuis le record de mars 2023. La consommation intérieure a elle aussi progressé, de 1,1%, tirée par le secteur électrique, où le gaz couvre 99% du mix. Cette embellie ne doit rien au hasard. Elle répond à une instruction du président de la République Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné à Sonatrach de doubler la production nationale d’hydrocarbures, avec un objectif de 200 milliards de m3 de gaz à l’horizon 2030. Le groupe public a dévoilé, en février dernier, un plan d’investissement de 60 milliards de dollars pour la période 2026-2030, dont 75% dédiés à l’exploration-production. La Chambre africaine de l’énergie tablait déjà, fin 2025, sur une production avoisinant 10 milliards de pieds cubes par jour en 2026, portée par l’entrée en production de nouveaux gisements comme Tin Fouye Tabankort Sud et In Amenas II.
Cette montée en puissance s’accompagne d’une percée à l’export. Les exportations totales de gaz, par gazoduc et sous forme liquéfiée, ont bondi de plus de 11% en mai, à 4,528 milliards de m3. Cette dynamique s’explique aussi par une conjoncture géopolitique qui rebat les cartes de l’approvisionnement énergétique mondial. Depuis 2022, la guerre en Ukraine a durablement fragilisé les flux de gaz russe vers l’Europe, poussant Bruxelles à diversifier ses fournisseurs. À cette incertitude s’ajoute, depuis le 28 février 2026, la guerre déclenchée par les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, qui a ravivé les craintes sur la sécurité des routes énergétiques du Golfe et du détroit d’Ormuz, artère vitale pour une large part des exportations mondiales d’hydrocarbures. Dans ce climat d’instabilité, l’Algérie, reliée directement à l’Europe du Sud par les gazoducs Medgaz et Transmed, s’impose comme une alternative fiable.
Sur le premier semestre 2026, les exportations algériennes de GNL ont toutefois reculé de 6,5% à 4,47 millions de tonnes, un repli compensé par un rebond au deuxième trimestre. La Turquie, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne concentrent à eux seuls plus de 90% de ces livraisons.
Samira Ghrib

