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Un nouveau front s’ouvre en mer Rouge dans le conflit au Moyen-Orient : Téhéran plaide pour une issue diplomatique

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a affirmé qu’il n’existait « pas de solution militaire » aux affrontements opposant les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l’Iran, à l’Arabie saoudite, appelant les belligérants à privilégier la voie du dialogue, dans une interview publiée samedi par le quotidien d’État Iran Daily. Cette déclaration intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par l’ouverture d’un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient avec une escalade rapide des hostilités entre Riyad et les houthistes en mer Rouge, tandis que l’Iran demeure lui-même engagé depuis plusieurs mois dans un conflit avec les États-Unis, dont les répercussions s’étendent désormais à l’ensemble de la région du Golfe. Sur le terrain, l’engrenage militaire s’est encore accentué au cours des dernières heures. Les rebelles yéménites ont revendiqué, samedi à l’aube, une attaque de missile contre la cité portuaire de Jizan, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, où l’agence de défense civile saoudienne avait émis une brève alerte pour un « potentiel danger ». Cette frappe fait suite aux bombardements menés vendredi soir par l’aviation saoudienne contre des installations militaires houthistes à Hodeïda, principal port contrôlé par le mouvement rebelle sur la côte ouest du Yémen. Le porte-parole militaire des houthistes, Yahya Saree, a précisé que les dernières frappes du mouvement avaient visé des installations pétrolières du groupe saoudien Aramco à Jizan et à Yanbou, au moyen de drones et de missiles, tout en menaçant d’une nouvelle escalade dans les prochaines heures et les prochains jours.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a de son côté confirmé avoir mené une riposte qu’elle a qualifiée de décisive contre des sites militaires houthistes menaçant, selon elle, la navigation commerciale en mer Rouge. Le porte-parole de la coalition, Turki Al-Maliki, a assuré que cette réponse militaire était désormais achevée, précisant que le port de Hodeïda restait ouvert à la navigation.

Cette flambée de tensions s’accompagne d’une multiplication des incidents maritimes dans la région. Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir stoppé, après des tirs de semonce, quatre navires ayant tenté de franchir le détroit d’Ormuz au cours des dernières 24 heures. Parallèlement, l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a fait état d’un incident impliquant un pétrolier et des forces militaires dans le golfe d’Oman, sans fournir de précisions supplémentaires, appelant les navires présents dans la zone à la vigilance face à un environnement opérationnel qu’elle a décrit comme en constante évolution.

L’armée américaine a de son côté indiqué avoir neutralisé, vendredi, un pétrolier ayant cherché à contourner son blocus des ports iraniens, en tirant sur sa salle des machines après plusieurs tentatives de franchissement et avertissements restés sans réponse. Des sirènes d’alerte ont également retenti dans la nuit de vendredi à samedi à Bahreïn, les autorités locales appelant la population au calme.

L.S.

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