Cisjordanie occupée : L’ONU dénonce l’escalade meurtrière des colons sionistes
La situation en Cisjordanie occupée continue de susciter une vague de condamnations internationales, à la suite de l’intensification des attaques menées par les forces d’occupation sionistes et les milices de colons contre la population palestinienne, tandis que le bilan de l’agression génocidaire menée contre la bande de Ghaza s’est encore alourdi, atteignant samedi 73.317 martyrs depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes.
L’Organisation des Nations unies a tiré la sonnette d’alarme face à la montée de la violence dans les territoires occupés de Cisjordanie. Le coordonnateur spécial adjoint des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a exprimé sa profonde inquiétude devant la poursuite des pertes civiles, relevant que l’intensification des violences enregistrée au cours de la semaine écoulée a entraîné de nouvelles victimes palestiniennes, des déplacements de population ainsi que des destructions de biens. Il a affirmé que les Palestiniens « continuent d’être tués et blessés, tandis que les attaques de colons israéliens contre les communautés palestiniennes, les lieux de culte et les infrastructures civiles se poursuivent », appelant les forces d’occupation à mettre fin sans délai à ces exactions et à traduire leurs auteurs en justice. Évoquant par ailleurs la situation dans la bande de Ghaza, le responsable onusien a averti que le défi humanitaire dépasse désormais la seule question de l’accès à l’aide, le manque de financement représentant, selon ses termes, « la principale menace pour la sécurité alimentaire » d’une population exsangue.
Les colons organisent des « pogroms »
Une réaction plus tranchante encore est venue de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, qui a qualifié samedi de « pogroms » les attaques israéliennes visant des civils palestiniens dans plusieurs zones de Cisjordanie occupée. « Des pogroms contre des civils sans défense partout en Cisjordanie, alors que Ghaza est sous le feu », a-t-elle écrit sur le réseau social X, accusant les civils israéliens et l’armée d’occupation de « faire front commun » dans ces attaques. La rapporteuse spéciale a tenu à élargir le cercle des responsabilités, estimant que celles-ci ne se limitaient ni au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ni à de simples « brebis galeuses » au sein de l’appareil sécuritaire. Elle a appelé la communauté internationale à des mesures concrètes et immédiates, réclamant un « embargo sur les armes maintenant » ainsi qu’un arrêt du commerce avec l’entité sioniste, des mesures qu’elle a présentées comme des obligations découlant directement du droit international.
Du côté palestinien, la présidence a condamné, dans un communiqué, les crimes perpétrés par les forces d’occupation sionistes en Cisjordanie occupée, y compris à El-Qods, citant en particulier le massacre commis dans le gouvernorat de Naplouse, qui a coûté la vie à quatre membres d’une même famille. La présidence a tenu l’entité sioniste pleinement responsable des exactions quotidiennes commises par les groupes de colons, lesquelles ont fait 87 martyrs depuis le début de l’année, accusant l’occupant d’apporter « un soutien financier et politique à ces groupes de colons afin d’intensifier leurs actes de terrorisme contre les Palestiniens », dans le cadre d’un plan de déplacement forcé des populations.
Dans la même veine, le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a appelé la communauté internationale et les Nations unies à intervenir d’urgence pour mettre fin à ce qu’il qualifie de terrorisme organisé. Fattouh a réclamé l’imposition de sanctions internationales dissuasives contre l’entité sioniste et les milices de colons, estimant que mettre un terme à ce terrorisme colonial « n’est plus une option politique mais plutôt une obligation légale imposée par le droit international ». nCette condamnation a trouvé un écho au sein du Parlement arabe, dont le président, Muhammad Al-Yamahi, a fustigé dans les termes les plus fermes l’escalade menée par les milices de colons sous la protection directe de l’occupant. Il a estimé que ces agissements, qui ont causé la mort de plusieurs citoyens palestiniens et l’incendie de nombreuses habitations, s’apparentent à des « crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ». Le responsable a par ailleurs établi un lien direct entre cette escalade en Cisjordanie et la poursuite du génocide dans la bande de Ghaza, y voyant une même volonté de l’occupation « d’imposer de nouveaux faits sur le terrain et de saper les chances de parvenir à une paix juste et globale ». Il a exhorté le Conseil de sécurité, les Nations unies et la Cour pénale internationale à agir sans délai pour assurer une protection internationale au peuple palestinien.
Sur le terrain, à Ghaza, le calvaire de la population se poursuit sans répit. Selon le dernier bilan communiqué samedi par les autorités sanitaires, l’agression génocidaire sioniste a fait, depuis le 7 octobre 2023, 73.317 martyrs et 173.961 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Les corps de six nouveaux martyrs ainsi que 37 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de la bande au cours des dernières quarante-huit heures, de nombreuses victimes demeurant encore ensevelies sous les décombres. Le bilan demeure lourd même depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier : 1.191 Palestiniens sont tombés en martyrs et 3.853 autres ont été blessés durant cette période, tandis que les corps de 803 martyrs ont pu être récupérés.
Lyes Saïdi

