Culture

UNESCO : Le site archéologique palestinien de Sébastia sur la Liste du patrimoine mondial en péril

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a franchi une nouvelle étape dans la reconnaissance du patrimoine palestinien en inscrivant le site archéologique de Sébastia sur la Liste du patrimoine mondial en péril, une décision saluée par Ramallah comme une victoire diplomatique majeure dans son combat pour la préservation de son héritage face aux pratiques de l’occupation israélienne. La décision a été adoptée lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, réunie à Busan, en Corée du Sud, où les représentants de l’État de Palestine ont défendu un dossier de candidature mettant en avant la valeur universelle exceptionnelle de ce site millénaire. Selon l’agence de presse palestinienne WAFA, l’inscription a été validée dans le cadre d’une procédure d’urgence, conformément aux critères de la Convention du patrimoine mondial, après examen approfondi du dossier soumis par les autorités palestiniennes.

Sébastia n’est pas un site archéologique ordinaire. Véritable carrefour de civilisations, il porte les traces continues de l’âge du Fer jusqu’aux périodes hellénistique, romaine, byzantine, croisée puis ottomane. Le Comité onusien a insisté sur la richesse exceptionnelle de ces vestiges et sur la lisibilité remarquable de son évolution historique, qui témoigne du développement ininterrompu d’un centre urbain à la fois politique et religieux pendant plus de deux mille ans.

Si l’inscription constitue une reconnaissance internationale, elle traduit aussi une inquiétude bien réelle. Le site a été classé en péril en raison des menaces qui pèsent sur son intégrité, notamment les confiscations de terres et les multiples entraves imposées à sa conservation, rapporte encore WAFA. Le ministère palestinien du Tourisme a qualifié cette décision d’historique, y voyant la consécration de la richesse culturelle palestinienne et de l’engagement de l’État de Palestine à protéger son patrimoine selon les normes internationales.

Cette reconnaissance s’inscrit dans la continuité d’une série de décisions prises quelques jours plus tôt par le même Comité. Réuni à Busan, celui-ci avait décidé de maintenir sur la Liste du patrimoine mondial en péril quatre autres sites palestiniens à savoir la Vieille Ville d’Al-Qods occupée et ses remparts, la Vieille Ville d’Al-Khalil, le paysage culturel de Battir, ainsi que le monastère de Saint-Hilarion, à Tell Umm Amer, dans la bande de Ghaza.

Dans ces décisions, l’UNESCO a réaffirmé solennellement la nullité de toute mesure israélienne visant à modifier le caractère, le statut juridique ou historique de ces lieux, y compris la législation dite fondamentale relative à Al-Qods occupée. L’organisation a par ailleurs appelé à l’envoi de missions de suivi à Al-Qods occupée et à Al-Khalil, chargées d’évaluer l’état de conservation des sites et de formuler des recommandations pour en préserver l’authenticité.

Le délégué permanent de la Palestine auprès de l’UNESCO, Adel Attiya, a dénoncé une politique systématique visant à renforcer la colonisation et à judaïser Al-Qods occupée. Il a exhorté l’organisation et ses États membres à assumer leurs responsabilités politiques et juridiques face aux violations répétées des conventions internationales par la puissance occupante. La partie palestinienne a réitéré que la sauvegarde du patrimoine culturel demeure une responsabilité collective de la communauté internationale, appelant à le protéger contre la destruction et la falsification. Elle a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa coopération avec l’UNESCO afin de documenter les atteintes constatées et de mobiliser un soutien international plus large en faveur d’un patrimoine palestinien qu’elle juge aujourd’hui gravement menacé.

M.S.

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