« Ayam Short Film » : Le cinéma algérien mise sur la relève
La première édition des Journées nationales du court métrage, baptisée « Ayam Short Film », s’est ouverte samedi à la Cinémathèque d’Alger et se poursuivra jusqu’au 29 juillet, réunissant sur cinq jours une trentaine de courts métrages, des cinéastes chevronnés et une nouvelle génération de réalisateurs en herbe impatiente de faire ses preuves.
Placée sous le parrainage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, la manifestation est portée par le Centre algérien de la cinématographie, en partenariat avec le Centre algérien de développement du cinéma et le collectif « Seventh Art Club ». Sur la centaine de films soumis, une trentaine seulement a été retenue par la commission de sélection, tous genres confondus, fiction, documentaire et animation. Un chiffre que le directeur de la Cinémathèque d’Alger, Adel Mekhalfia, a tenu à souligner en ouverture, rappelant que les auteurs sélectionnés pour cette première mouture sont, pour beaucoup, d’anciens stagiaires formés « il y a deux ans » dans les murs mêmes de l’institution. Une boucle qui se referme, en somme, entre formation et diffusion.
À ses côtés, les réalisateurs Said Mehdaoui et Badra Hafiane, entourés de jeunes cinéastes, ont insisté sur la portée de ces retrouvailles régulières entre générations, des rencontres qui, selon eux, permettent un vrai « rapprochement » avec les professionnels du secteur et ouvrent la voie à de nouvelles synergies créatives. Le directeur du Centre algérien de développement du cinéma, Zineddine Arkab, était également présent pour cette cérémonie d’ouverture.
Le coup d’envoi des projections a été donné avec six films à savoir « Boualem a tout entendu », signé Aziz Boukrouni et Khaled Bounab, « Between » d’Illias Boukhemoucha, « Yaqin » d’Abderrahim Safir, « Lettre sans adresse » de Nabil Lahmar, « Zahra » de Brahim Dendane et « Damu-Ki » de Youcef Benghanem. Une mise en bouche qui donne le ton d’une programmation dense. Le public pourra en moyenne découvrir six courts métrages par jour, issus de différentes régions du pays, jusqu’à la clôture de l’événement.
Au-delà des projections, « Ayam Short Film » se veut aussi un espace de réflexion. Plusieurs conférences réuniront universitaires et praticiens du cinéma autour de thématiques d’actualité pour la profession, entre critique cinématographique, numérisation des archives, rôle des ciné-clubs dans la diffusion culturelle, et question plus contemporaine encore, celle relative à l’impact de l’intelligence artificielle sur le métier d’affichiste.
Hommages
La première édition n’a pas manqué de rendre hommage à la mémoire du cinéma algérien, avec des hommages prévus aux réalisateurs disparus Anis Djaad et Arezki Larbi. Avant l’ouverture officielle, l’assistance a observé une minute de silence en mémoire du grand cinéaste Lamine Merbah, décédé vendredi à l’âge de 80 ans, dont la disparition a plané sur cette soirée inaugurale. En filigrane de ces cinq journées, un message clair porté par les organisateurs avec l’objectif de redonner au court métrage la place qui lui revient dans le paysage audiovisuel national, format trop souvent relégué au second plan alors qu’il reste, pour nombre de jeunes talents, la première marche vers le long métrage.
Mohand Seghir

