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Prise en charge des malades atteints de cancer : Les insuffisances du CAC de Constantine relancent le débat

La prise en charge des patients atteints de cancer demeure au cœur des priorités des pouvoirs publics, qui multiplient depuis plusieurs années les investissements pour rapprocher les soins spécialisés des citoyens, moderniser les structures d’oncologie et améliorer l’accès aux traitements.

Cette stratégie nationale, traduite par la création de nouveaux centres anti-cancer (CAC), l’acquisition d’équipements de radiothérapie de dernière génération et le renforcement des programmes de dépistage précoce, vise à offrir une prise en charge plus rapide et plus efficace des malades à travers le pays. Toutefois, sur le terrain, certaines structures continuent de faire face à des difficultés qui compromettent les efforts engagés. C’est le cas du Centre anti-cancer (CAC) du CHU Benbadis de Constantine, dont les insuffisances viennent d’être dénoncées par la Coordination nationale de la société civile. Dans ce contexte, une requête a été adressée à la directrice de la Santé de la wilaya, avec copie au wali de Constantine, dans laquelle l’organisation invite les autorités sanitaires à intervenir afin d’améliorer les conditions de prise en charge des malades et de mettre un terme aux difficultés auxquelles sont quotidiennement confrontés les patients, a fait savoir une source sanitaire. Selon cette dernière, le principal obstacle est le déficit en ressources humaines. Malgré les efforts consentis pour assurer la continuité des soins, les équipes médicales et paramédicales travaillent dans des conditions particulièrement éprouvantes, a fait savoir la même source, en expliquant que les praticiens assurent des permanences pouvant dépasser 12 heures par jour afin de répondre à une demande toujours en hausse. Une surcharge qui s’explique notamment, selon notre source, par le fait que le CAC de Constantine continue d’accueillir des malades en provenance de plusieurs wilayas de la région Est du pays, et ce en dépit de l’entrée en service de centres spécialisés à Batna, Sétif et Annaba. Les auteurs de la requête reconnaissent néanmoins les avancées enregistrées ces dernières années dans le cadre de la politique nationale de lutte contre le cancer. L’ouverture de nouvelles structures spécialisées, la mise en place de consultations de dépistage gratuites, notamment pour les cancers féminins, ainsi que les programmes d’équipement engagés par l’État traduisent la volonté des pouvoirs publics d’améliorer durablement la qualité des soins et de favoriser un diagnostic précoce, considéré par les spécialistes comme l’un des principaux leviers d’augmentation des chances de guérison. Cependant, ces progrès restent insuffisants lorsque les équipements connaissent des pannes répétitives. Selon la même source médicale, plusieurs appareils indispensables au fonctionnement du Centre anti-cancer sont régulièrement hors service, entraînant des retards dans la programmation des examens et des traitements. Une situation qui contraint certains patients à se tourner vers des établissements privés afin d’éviter une interruption de leur protocole thérapeutique, une solution qui reste toutefois inaccessible pour de nombreuses familles, en raison du coût élevé des prestations. Selon les informations apportées par la même source, près de 2 000 patients ont été pris en charge au sein du CAC de Constantine durant l’année écoulée. Les professionnels du secteur anticipent une hausse continue de cette activité au cours des prochaines années, conséquence, nous dit-on, à la fois de l’amélioration du dépistage et de l’augmentation des besoins en soins spécialisés. Cette évolution impose, estime-t-on, un renforcement des moyens humains et techniques afin de préserver la qualité des prestations. Il est utile de souligner que l’amélioration de la prise en charge des malades atteints de cancer figure parmi les axes majeurs de la réforme du système national de santé. D’ailleurs, les autorités ont, à plusieurs reprises, réaffirmé leur engagement à réduire les délais d’accès aux traitements, à renforcer les capacités des centres spécialisés et à garantir une prise en charge équitable sur l’ensemble du territoire national. Dans ce contexte, les difficultés signalées au CAC de Constantine rappellent la nécessité d’assurer un suivi permanent des équipements, d’accélérer les opérations de maintenance et de poursuivre les recrutements de personnels spécialisés afin que les investissements consentis produisent pleinement leurs effets au bénéfice des patients.

Z.M.

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