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Le complexe de laminage à froid de Bethioua lance sa production : Tosyali accélère son plan d’expansion industrielle

Le groupe sidérurgique Tosyali Algérie est entré, à la fin de la semaine dernière, dans une nouvelle phase de son plan d’expansion industrielle en lançant la production de son complexe de laminage à froid de Bethioua, près d’Oran, dans le cadre de la quatrième phase de ses investissements stratégiques. Une avancée qui confirme, un peu plus, la montée en puissance de l’Algérie comme pôle sidérurgique régional.

Selon un communiqué du groupe, l’unité a enregistré « ses premières étapes de production, en réussissant à produire sa première bobine de produit PO » sur la ligne PLTCM de décapage et de laminage à froid tandem, un produit intermédiaire décrit comme « essentiel pour les étapes de production des bobines d’acier laminées à froid (CRC) ». Lancé en 2024 sur une assiette de 500 000 m², ce complexe affiche une capacité annuelle de 1,8 million de tonnes et devrait atteindre son plein régime « au mois de septembre prochain ». Il doit fournir des tôles à forte valeur ajoutée destinées à l’automobile, l’électroménager, le bâtiment et l’énergie, avec, selon le communiqué, « une perspective d’exportation vers les marchés internationaux » une fois les besoins nationaux couverts.

Cette montée en gamme s’inscrit dans une dynamique déjà engagée. Dès janvier, Tosyali avait expédié ses premières cargaisons d’acier à l’export, environ 22 000 tonnes vers la Pologne, la Lettonie, l’Italie et la Tunisie, pour des recettes proches de 13,5 millions de dollars, un volume estimé à 22 000 tonnes de produits en fer et en acier pour des recettes attendues avoisinant les 13,5 millions de dollars américains.

Des investissements de 2,5 milliards de dollars

Le groupe ambitionne désormais de porter son chiffre d’affaires à l’export à 4 milliards de dollars, contre 2 milliards actuellement, à mesure que ses nouvelles unités montent en cadence. À l’échéance de l’ensemble des investissements prévus, la capacité totale du complexe d’Oran devrait atteindre 9,5 millions de tonnes d’acier fin 2027, faisant de lui l’un des plus grands complexes sidérurgiques intégrés d’Afrique, adossé à un programme d’investissement global évalué à 2,5 milliards de dollars, avec l’ambition affichée de figurer parmi les vingt plus grands producteurs d’acier au monde.

Ce cap est indissociable du dossier Gara Djebilet. Depuis la réception, début février, des premières cargaisons de minerai acheminées par la nouvelle ligne ferroviaire Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, longue de près de 950 kilomètres et conçue pour relier le gisement aux pôles industriels du Nord, Tosyali s’est engagé dans la construction d’une usine de traitement primaire du minerai, en partenariat avec la Société nationale de recherche et d’exploitation minière (Sonarem), pour une capacité de production annuelle estimée à 4 millions de tonnes. Le projet, porté par une société dédiée créée avec Sonarem, comprendra une unité d’enrichissement, une unité de chaux et une unité de production d’acide sulfurique, sa finalisation étant prévue pour décembre 2028.

Le vice-président de Tosyali Algérie, Alp Topcuoglu, a résumé cette trajectoire lors du CEO Survey Algeria 2026, affirmant qu’« à partir du mois de septembre-octobre, l’Algérie passera à un autre niveau », capable selon lui de produire toutes les gammes de produits sidérurgiques grâce à une intégration croissante du minerai de Gara Djebilet. Cette initiative reflète, selon le communiqué du groupe, « l’engagement de Tosyali Algérie à soutenir l’économie nationale et à renforcer la compétitivité du secteur industriel ».

Sabrina Aziouez

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