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Cisjordanie occupée : La communauté internationale sommée d’agir face à l’expansion de la colonisation sioniste

L’Observateur permanent de l’Etat de Palestine auprès des Nations unies, Riyad Mansour, a lancé vendredi un cri d’alarme depuis New York, appelant la communauté internationale à « agir d’urgence » pour faire échec au plan de colonisation E1, ce projet sioniste qui menace de couper en deux la Cisjordanie occupée et d’étouffer définitivement toute perspective d’Etat palestinien viable.

Dans trois lettres identiques adressées au Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, à la présidence danoise du Conseil de sécurité et à la présidente de l’Assemblée générale Annalena Baerbock, le diplomate palestinien a averti contre ce plan illégal, lequel constitue « un tournant dans le processus d’annexion progressif et insidieux » mené par l’entité sioniste. Il a averti que sa mise en œuvre entraînerait une modification démographique de nature à menacer la continuité et l’intégrité du territoire palestinien. Pour Riyad Mansour, l’objectif poursuivi par l’occupant est limpide, s’emparer du maximum de terres, procéder à un nettoyage ethnique de la population palestinienne, la confiner à moins de 40 % de la Cisjordanie, El-Qods comprise, la priver de ses droits fondamentaux et la remplacer par des colons. Il a rappelé que ce projet viole frontalement le droit international, à commencer par la Quatrième Convention de Genève, la résolution 2334 du Conseil de sécurité et l’avis rendu par la Cour internationale de Justice en juillet 2014, avant d’exhorter la communauté internationale à assurer la protection du peuple palestinien et à l’aider à concrétiser son droit à l’autodétermination, à l’indépendance et à la souveraineté, avec El-Qods pour capitale.

De son côté, la Ligue islamique mondiale a fermement condamné le projet E1, estimant qu’il menace la concrétisation d’un Etat palestinien indépendant, tout en dénonçant le soutien accordé aux violences des colons contre les Palestiniens et leurs biens. L’organisation souligne la continuité d’une politique sioniste de violation systématique des résolutions internationales, appelant la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales pour mettre fin à ces agissements.

Une centaine d’anciens ambassadeurs réclament des sanctions

La mobilisation dépasse désormais le monde arabo-musulman. Plus d’une centaine d’anciens ambassadeurs français et britanniques ont adressé une lettre ouverte au président Macron et au Premier ministre britannique, les pressant de faire cause commune sur ce qu’ils appellent la ligne de fracture fondamentale de la région, l’égalité des droits entre Israéliens et Palestiniens. Les signataires dénoncent sans détour la situation à Ghaza, où deux millions de Palestiniens survivent selon eux sur 30 % de leurs terres dévastées, ainsi que le nettoyage ethnique en Cisjordanie et à Al Qods-Est, entre démolitions de maisons et violences de colons commises avec la complicité de l’armée et de la police. Les diplomates réclament des sanctions commerciales, la suspension des accords d’association avec l’entité sioniste, l’arrêt des ventes d’armes et la criminalisation de l’achat de biens sur les terres occupées.

A Bruxelles, l’Union européenne a elle aussi condamné la recrudescence des violences de colons extrémistes, citant le cas de la localité de Qusra où des familles entières restent cloîtrées chez elles depuis plus d’une semaine face aux intimidations et aux destructions de biens, des actes que le bloc européen a exigé de voir cesser immédiatement. Depuis Ramallah, la présidence palestinienne a de son côté réaffirmé, à l’occasion du 57e anniversaire de l’incendie criminel de la mosquée Al-Aqsa, que le lieu saint demeurera à jamais le symbole de l’identité arabe et islamique d’El-Qods, dénonçant une dangereuse escalade des provocations sionistes contre les lieux saints islamiques.

Pendant que la diplomatie s’active, le bilan continue de s’alourdir à Ghaza. L’agression génocidaire sioniste a désormais fait 73 419 martyrs et 174 364 blessés depuis octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires palestiniennes, qui précisent que de nombreuses victimes demeurent encore sous les décombres et que 1 285 Palestiniens sont tombés en martyrs depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Lyes S.

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