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L’Opéra d’Alger lance « Mémoire de la mélodie algérienne : Un cycle de soirées en hommage aux grandes voix algériennes

Le ministère de la Culture et des Arts annonce, sous le patronage de la ministre Malika Bendouda, le lancement d’un nouveau cycle de soirées hommage à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaih, baptisé « Mémoire de la mélodie algérienne », programmé de septembre à mars prochain, en partenariat avec l’Office national de la culture et de l’information.

L’initiative, portée conjointement par le ministère, l’Opéra d’Alger et l’ONCI, s’inscrit dans un mouvement déjà bien installé sur la scène culturelle algérienne, celui des grandes soirées de mémoire que la salle de l’Opéra  multiplie depuis plus d’un an, qu’il s’agisse de « Djazaïr El Amjad », des « Nuits de Warda » consacrées à la diva disparue, du concert « Lahn El Asma » ou encore de l’hommage rendu en juillet à Mohamed Fawzi, compositeur égyptien de l’hymne national Kassaman. Cette nouvelle série se distingue toutefois par son ampleur, puisqu’elle s’étale sur plusieurs mois et vise à couvrir, progressivement, l’ensemble du patrimoine musical algérien.

Dans son communiqué, le ministère précise que cette programmation « s’inscrit dans un projet national continu de célébration des grands artistes algériens », et rend hommage à « ceux qui ont contribué à façonner notre goût artistique et à construire la mémoire musicale nationale ». Le texte insiste sur le caractère fondateur de cette première étape, décrite comme « une première liste dans un parcours de fidélité que le ministère continuera d’élargir » pour englober « d’autres figures et expériences artistiques », dans le but de « préserver la mémoire de l’art algérien et de maintenir ses voix authentiques présentes dans la mémoire collective des Algériens ».

Neuf noms composent cette première liste, et non des moindres. Le chaâbi y côtoie le hawzi et le raï à travers Hachemi Guerouabi, Cheikh Cherif Khaddam, Ammar Ezzahi, Othmane Bali, Ahmed Ouahbi, Hamdi Bennani, Hasna El Becharia, Beggar Hadda et Cherifa, autant de figures qui ont, chacune à sa manière, façonné l’oreille musicale de plusieurs générations d’Algériens. Le choix reflète une volonté de croiser les régions et les genres, de l’Algérois au constantinois en passant par le Sud et l’Ouest, plutôt que de se limiter à un seul courant.

Le ministère tient à préciser la nature de ces soirées, qui ne se veulent pas de simples reprises. « Les soirées ne se contentent pas de représenter les œuvres immortelles, elles restituent les parcours artistiques dans leurs dimensions musicales, historiques et humaines », indique le communiqué, à travers « la documentation, la mise en valeur de la spécificité de chaque parcours, et la reprise de sélections des œuvres les plus célèbres avec de nouvelles visions musicales ». Une élite de voix algériennes montera ainsi sur scène aux côtés de l’orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger pour donner une lecture actuelle de ce répertoire, sans en trahir l’esprit.

Reste que le communiqué ne détaille pas, pour l’instant, le calendrier précis des différentes soirées ni l’ordre dans lequel les artistes seront honorés, des informations que le public attend et que l’Opéra devrait dévoiler au fil des semaines, à l’approche de la rentrée culturelle. Une chose est certaine, l’établissement confirme, avec ce cycle, sa vocation de maison de mémoire autant que de salle de spectacle.

Le communiqué se referme sur une promesse d’ouverture. « Mémoire de la mélodie algérienne » est décrite comme « le point de départ, une première liste dans un parcours national de fidélité, dont le cercle des noms s’élargira à mesure que s’élargit le registre de l’art algérien ». Une manière, pour le ministère, d’annoncer que d’autres voix rejoindront cette galerie d’hommages, saison après saison, et que le travail de mémoire engagé autour de la chanson algérienne ne fait, en réalité, que commencer.

Mohand Seghir

admin

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