Théâtre : « Ainsi meurent les hommes » en tournée nationale
Le Théâtre régional Bachir Zahaf de Mascara a prix la route dès lundi pour une tournée artistique qui le mènera à travers plusieurs wilayas de l’ouest et des hauts plateaux, avec en bagages sa toute nouvelle création intitulée « Ainsi meurent les hommes », a fait savoir l’établissement culturel. Signée par Mohamed Bourahla et portée à la scène par le metteur en scène Haroun Kilani, cette œuvre plonge le spectateur dans les derniers instants de la vie de Cheriet Ali Cherif, martyr de la révolution originaire de la ville de Sig, guillotiné le 28 janvier 1958 dans l’enceinte de la prison d’Oran. Onze comédiens et comédiennes prêtent leur voix et leur corps à ce récit, restituant avec intensité la résistance, la bravoure et le courage dont a fait preuve ce fils de Mascara jusque dans ses derniers moments.
Cette production, présentée comme la dernière née du Théâtre régional de Mascara, a pu voir le jour grâce à l’appui du Fonds national de développement des arts et des lettres, structure relevant du ministère de la Culture et des Arts, précise la même source. Un soutien qui illustre la volonté des pouvoirs publics d’encourager une création théâtrale tournée vers la mémoire nationale et la valorisation du parcours des figures de la lutte de libération.
La tournée s’étalera sur une semaine, du 24 au 30 août, et fera escale dans plusieurs théâtres régionaux du pays. Le coup d’envoi a été donné dès lundi soir sur les planches du Théâtre régional de Saïda. Le rendez vous suivant a été fixé ce mercredi à Laghouat, avant que la troupe ne pose ses valises le 28 août à Nâama. La tournée se refermera enfin le 30 août à Mostaganem, où le public de la wilaya pourra à son tour découvrir cette création portée par l’équipe du théâtre de Mascara.
Il convient de rappeler que la première représentation de la pièce, sa générale, avait été donnée jeudi dernier à l’occasion de la célébration de la Journée nationale du Moudjahid, une date qui commémore le double anniversaire des offensives du Nord Constantinois et du congrès de la Soummam, événements fondateurs qui se sont tenus entre le 20 août 1955 et le 20 août 1956. Ce choix de calendrier n’a rien d’anodin puisqu’il inscrit d’emblée la pièce dans la continuité de cette mémoire collective que les artistes de Mascara ont voulu honorer à travers le destin tragique et héroïque de Cheriet Ali Cherif. La démarche s’inscrit également dans une dynamique plus large de décentralisation de l’offre culturelle, permettant aux théâtres régionaux de mutualiser leurs scènes et de faire circuler les productions au delà de leur wilaya d’origine.
M.S.

